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Bulletin Quotidien Europe N° 12384
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POLITIQUES SECTORIELLES / Environnement

Eurodéputés et experts confirment la difficile coexistence entre éleveurs de bétail et loups

L’audition au Parlement européen sur la population de loups a confirmé, jeudi 5 décembre à Bruxelles, les divergences entre députés en ce qui concerne la protection de ce prédateur et le besoin de protéger les agriculteurs des attaques contre le bétail (EUROPE 12349/24).

Cette audition a été organisée conjointement par la commission des pétitions et la commission de l’environnement, avec la participation 'active' des membres de la commission de l’agriculture.

La Commission a indiqué que, conformément à la directive 'Habitats', les pays de l’UE doivent, tous les six ans, faire rapport sur l’état de conservation des différentes espèces. Ce processus devrait se terminer l’année prochaine. Selon des données partielles, le loup « n’est pas encore en état de conservation favorable dans la plupart des évaluations » faites par les pays. L’agence européenne pour l’environnement travaillera avec les États membres pour mettre la dernière main aux évaluations, qui feront l’objet d’une consultation publique en janvier 2020. En juin, les premiers résultats seront rendus publics et les résultats complets seront disponibles à l’automne 2020.

Anja Hazekamp (GUE/NGL, néerlandaise), vice-présidente de la commission de l’environnement, a insisté sur les mesures visant à protéger les populations de loups, notamment le respect de la directive 92/43/CEE du Conseil (directive ‘Habitat’). Elle a salué la position du commissaire compétent sur la protection du loup.

Luigi Boitani, président de l’initiative pour les grands carnivores, a évoqué la rapidité de l’expansion des populations de loups en Europe (entre 13 et 14 000 loups dans l’UE, surtout dans les Carpates, les pays baltes et en Italie).

Pour Mme Geneviève Carbone, chercheur en ethnozoologie et éthologie, « fixer un nombre maximal de loups à tuer par année civile n’achète même pas le calme dans les alpages ». En France, « nous avons encore du mal à élaborer une manière de vivre avec le loup et de trouver un compromis qui permette de passer par autre chose que la destruction ».

Margrete Auken (Verts/ALE, danoise) a fustigé les actions radicales qui sont prises contre les loups. Pour Michal Wiezik (PPE, slovaque), le loup est aimé en Europe.

Coexistence impossible. Ulrike Müller (Renew Europe, allemande) a demandé de disposer d'éléments scientifiques solides pour voir comment le loup doit être protégé. Anne Sander (PPE, française) a évoqué le problème du développement des populations hybrides (croisement entre les chiens et les loups) et les conditions très strictes imposées aux pays pour pouvoir déroger à la directive (EUROPE 12346/23). Franc Bogovič (PPE, slovène) a décrit une situation qui « échappe à notre contrôle ». Susanna Ceccardi (ID, italienne) a demandé des indemnités pour les éleveurs victimes des dégâts causés par les loups en Toscane. Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) a jugé nécessaire de verser des aides aux éleveurs pour « limiter les dégâts » causés par le loup. Enfin, Pietro Fiocchi (CRE, italien) a évoqué le problème des migrations d’espèces à cause des loups (déplacement de sangliers). (Lionel Changeur)

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