login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12349
Sommaire Publication complète Par article 15 / 29
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Les ministres de l'UE demandent un soutien pour les secteurs touchés par le différend Airbus/Boeing

Plusieurs ministres de l’Agriculture de l’UE ont réclamé, lundi 14 octobre, à Luxembourg, que la Commission européenne intervienne pour aider les secteurs (vins, fromage, huile d’olive) qui seraient touchés par les mesures tarifaires américaines dans le cadre du différend entre Airbus et Boeing.

Ces contre-mesures tarifaires devraient entrer en vigueur dès le 18 octobre (EUROPE 12348/7).

Les ministres de l’Agriculture espagnol, italien et français ont demandé que la Commission tente d’éviter au maximum l’imposition des sanctions et que des mesures soient prévues pour indemniser les agriculteurs qui seraient les plus touchés par une hausse des droits de douane.

Phil Hogan, le commissaire à l’Agriculture, a reconnu que cette annonce constituait « une mauvaise nouvelle » et il tentera, y compris dans ses prochaines responsabilités en tant que commissaire au Commerce, de parvenir à une « solution négociée » dans ce différend. « J’espère que le bon sens va prévaloir », a-t-il dit aux ministres.

M. Hogan a précisé que les quatre États membres de l'UE du consortium Airbus (Royaume-Uni, France, Allemagne et Espagne), ainsi que l'Italie et l'Irlande représentent près de 97% du total des exportations de produits alimentaires soumis à des droits de douane supplémentaires pour un montant de 4,3 milliards d'euros. Les produits visés comprennent les spiritueux et les liqueurs, les vins, les produits laitiers et les huiles d’olive, qui représentent 92% du total des exportations visées par ces droits de douane supplémentaires.

Les produits concernés sont des symboles de qualité, comme le Parmigiano, l'huile d’olive extra-vierge d’Espagne, des vins AOP et IGP, du beurre irlandais et du whisky écossais, pour ne nommer que ceux-là. « Nous devrons évaluer de près les effets des tarifs proposés, qui atteignent largement le niveau de 25% », a souligné M. Hogan.

Mesures de marché et promotion. La PAC prévoit des instruments de gestion de marché (y compris le stockage privé). « Nous évaluerons soigneusement la situation dans un proche avenir, lorsque nous disposerons de plus d'informations sur l'impact des mesures sur les agriculteurs, et nous examinerons l'opportunité d'appliquer des mesures de marché, si nécessaire », a expliqué le commissaire.

La promotion des produits peut aussi aider en période de difficultés commerciales. En outre, un appel à propositions concernant les actions de promotion dans les pays tiers sera lancé en janvier. 

En ce qui concerne le vin, l'UE, dans le cadre des programmes de soutien nationaux, contribue déjà de manière substantielle à la promotion des vins de l'UE dans les pays tiers.

Le ministre espagnol a déclaré que la guerre commerciale « n’est bénéfique pour personne » et a souligné le besoin d’éviter dans la mesure du possible ces droits de douane.

Pour l’Italie, qui sera touchée dans les secteurs du fromage (4 milliards d’euros par an), de certains fruits, des boissons alcoolisées et de la viande porcine, la Commission « doit intervenir et aider ces entreprises », notamment via des mesures de promotion et des mesures de compensation.

Pour le ministre français, il convient de mobiliser tous les instruments de la PAC pour apporter une réponse. Le secteur du vin serait touché (plusieurs centaines de millions d’euros par an). La France a réclamé une « réponse européenne ferme et unie ». Parmi les mesures à prendre, la France a cité la promotion des vins et les mesures de l’organisation commune de marché.

Plusieurs pays ont fait référence au fait que l'UE pourra aussi décider de sanctions en 2020. 

Les ministres de plusieurs pays (dont Grèce, Portugal, Hongrie, Danemark, Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas) ont soutenu les préoccupations exprimées par la France, l’Italie et l’Espagne.

Les Pays-Bas ont souligné cependant le besoin d’éviter de prendre des mesures compensatoires qui créeraient elles aussi des distorsions de concurrence. L’Allemagne a soutenu des mesures compensatoires, mais uniquement en cas de fortes perturbations sur les marchés. Le Portugal a aussi soutenu des mesures d’intervention de l’UE, « mais avec beaucoup de prudence ». (Lionel Changeur)

Sommaire

REPÈRES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES