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Bulletin Quotidien Europe N° 12349
ACTION EXTÉRIEURE / Mercosur

Accueil prudent du rapport intérimaire sur l'impact de durabilité du traité commercial UE/Mercosur

Le rapport intérimaire évaluant l'impact du commerce sur le développement durable de l’accord commercial conclu entre l’UE et le Mercosur en juin 2019 a reçu un accueil mitigé lors de sa présentation par la Commission européenne aux parties prenantes, mardi 15 octobre.

Les résultats de cette évaluation, rédigée par la London School of Economics, suggèrent que l'industrie manufacturière et les services de l'UE bénéficieront le plus de cet accord. Du côté du Mercosur, c'est le secteur agricole qui devrait en sortir grand gagnant, souligne, sans surprise, le rapport. Cela, au détriment principalement de l'agriculture et des zones rurales dans l'Union européenne, en première ligne pour les effets négatifs attendus, admettent les auteurs.

Pour l’UE, une part importante des gains de PIB provient de l’augmentation de la consommation due à des importations moins chères, la part de l’expansion des exportations et des investissements étant moindre, lit-on aussi dans le rapport.

Par ailleurs, le bloc du Mercosur devrait voir ses écarts salariaux se réduire à cause de l’augmentation de la demande de travailleurs peu qualifiés.

Des réactions mixtes

Les parties prenantes ont réservé à ce rapport intérimaire une réception mitigée lors de sa présentation. 

« C’est un rapport solide, encore à un stade précoce, mais qui donne un bon aperçu des différents éléments de l’accord », a estimé Dominic Boucsein, chargé du commerce international chez Eurochambres.

« Nous sommes très favorables à l'accord avec le Mercosur, cela ouvre de nombreuses portes aux PME de l'UE », a-t-il déclaré à EUROPE.

Le son de cloche est tout autre du côté de la société civile et des organisations agricoles.

Pour certains, ce rapport aurait dû être publié en amont des négociations.

« Ce n’est pas encore un rapport assez audacieux », a souligné Stéphanie Ghislain, chef de programme au Eurogroup for animals.

En cause, par exemple, le fait qu’il omette de considérer les questions de durabilité dans toutes leurs dimensions. Autres carences : il ne pousse pas assez l'analyse des chaînes de production ni n’analyse l’impact de l’accord commercial sur les accords environnementaux internationaux, y compris celui de Paris.

Enfin, il « n'étudie pas réellement l'impact des différents scénarios sur le bien-être animal. Comme les standards européens (...) sont plus contraignants que ceux du Mercosur, un transfert d'une partie de la production de bœuf de l'UE vers le Mercosur aura un impact », a-t-elle ajouté.

« Il y a encore beaucoup de travail à faire », a conclu Mme Ghislain.

Une idée « erronée » de l'accord

Quant aux représentants des organisations agricoles, qui estiment ce traité trop défavorable à leurs filières, ils ont déploré le manque de précision de certaines évaluations, notamment pour les secteurs les plus sensibles. Ils ont dénoncé des chiffres qu'ils estiment parfois erronés : « cela donne une idée fausse de l’impact réel de la libéralisation envisagée », a ainsi confié une source.

Sur base des consultations avec les parties prenantes, un rapport final sera publié, qui comprendra des recommandations quant à la mise en œuvre de l'accord.

Pour consulter ce rapport intérimaire : https://bit.ly/2oWQP9M  (Hermine Donceel)

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