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Bulletin Quotidien Europe N° 12294
INSTITUTIONNEL / Commission

Le vote des eurodéputés sur la candidature de Mme von der Leyen aura lieu mardi 16 juillet

La conférence des présidents des groupes politiques (CoP) du Parlement européen a finalement décidé, jeudi 11 juillet, que les eurodéputés allaient procéder, mardi 16 juillet à 18h00, à Strasbourg, au vote sur la candidature d'Ursula von der Leyen à la tête de la prochaine Commission européenne.

La déclaration politique en session plénière de la chrétienne-démocrate allemande aura lieu, elle, mardi 16 juillet à 9h00 et sera suivie par un débat avec les eurodéputés jusqu'à 12h30. 

Jeudi lors de la CoP, « le seul groupe ayant exprimé un soutien à la candidate désignée a été le PPE. Seuls les groupes Verts/ALE et GUE/NGL ont annoncé leur vote négatif. Les groupes S&D, Renew Europe, Identité et démocratie et CRE attendent des clarifications et des garanties ultérieures de la candidate et prendront leur décision finale la semaine prochaine », selon un compte-rendu de la réunion vu par EUROPE.

La clé du vote réside dans la position du groupe S&D. Les sociaux-démocrates allemands et les socialistes français devraient voter contre. L'attitude des socialistes espagnols et italiens, les deux délégations les plus importantes du groupe, avec respectivement 20 et 19 élus, sera déterminante. C'est la raison pour laquelle le socialiste espagnol Josep Borrell i Fontelles a hérité du poste de Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et le socialiste italien David Maria Sassoli de celui de président du Parlement.

Une tonalité plus sociale

Après avoir rencontré le groupe souverainiste (CRE) mardi soir et les groupes social-démocrate (S&D), libéral (Renew Europe) et écologiste (Verts/ALE) mercredi (EUROPE 12293/2), jeudi, Mme von der Leyen a débattu avec le groupe GUE/NGL en répondant positivement à la demande des élus de la gauche radicale.

Comptant 41 députés, ce groupe a déjà indiqué qu'il rejettera la candidature de la chrétienne-démocrate allemande. Mais, comme l'a rappelé le Grec Dimitrios Papadimoulis, en politique, « le dialogue est important surtout lorsque les avis divergent ».

Et les positions sont parfois très éloignées, ont rappelé les députés lors du débat public, d'aucuns faisant référence aux politiques d'austérité et de militarisation que promouvrait l'Union européenne avec l'assentiment des chrétiens-démocrates.

La candidate désignée a tenté d'emblée un rapprochement avec les eurodéputés en faisant valoir les résultats de la politique qu'elle a menée lorsqu'elle était ministre de la Famille dans le premier gouvernement 'Merkel' (EUROPE 12288/5).

Réconcilier la vie privée et la vie professionnelle est « un sujet qui m'a toujours préoccupée », a indiqué cette mère de sept enfants. Elle a rappelé avoir introduit dans son pays le revenu parental pour les pères et/ou les mères et stimulé les investissements dans les infrastructures facilitant la garde des enfants.

Mme von der Leyen a surtout estimé qu'« il (était) temps de parler de salaire minimum dans l'ensemble des États membres », afin de garantir que tout travail doive permettre une vie décente. D'après elle, les partenaires sociaux sont les plus à même de négocier par pays, région ou branche d'activité une mesure qui a été introduite en Allemagne en 2015. Mais une législation est envisageable si patronat et syndicat n'y arrivent pas, a-t-elle ajouté. Et d'estimer nécessaire de trouver de « nouveaux modèles d'assurance-chômage » dans l'UE.

Sur le défi migratoire, la candidate désignée s'est dite « consternée » par l'impasse politique paralysant les activités de l'opération maritime EUNAVFOR Med Sophia de lutte contre les passeurs de migrants, cette opération ayant été prolongée jusqu'à fin septembre, mais amputée de ses moyens navals (EUROPE 12225/25).

Après une série de noyades, j'ai demandé à la chancelière allemande, Angela Merkel, d'envoyer la marine allemande, qui a sauvé « 22 000 » vies humaines au total, a souligné Mme von der Leyen. Quant à la réforme du système européen d'asile, également dans l'impasse, elle a espéré aboutir à « un texte plus juste », qui n'abandonne pas à leur sort les pays riverains de la Méditerranée et qui permette de lutter contre le trafic d'êtres humains. La veille, devant les libéraux, elle avait insisté sur la nécessité de renforcer au plus vite les ressources de l'Agence européenne des garde-frontières et des garde-côtes (ex-Frontex), celle-ci devant être dotée de 10 000 agents « bien avant 2027 ».

Sur l'action climatique, Mme von der Leyen a, à nouveau, prôné 2050 pour atteindre la neutralité climatique dans l'UE par le biais d'un rehaussement à 50% en 2030 de l'objectif de réduction des émissions de CO2. Mais, il est essentiel que la transition vers une économie pauvre en carbone soit « juste ».

Plusieurs fois interrogée sur la lutte contre l'évitement fiscal, la candidate désignée a pris l'exemple des géants du secteur numérique. Il est normal que les GAFA réalisent des milliards d'euros de bénéfices dans l'UE, mais ces groupes doivent payer des impôts là où ils réalisent leurs bénéfices afin de contribuer à l'économie sociale de marché, a-t-elle estimé.

Enfin, la chrétienne-démocrate allemande a vu d'un bon œil la définition de règles contraignantes de transparence dans les relations entre, d'une part, la Commission et le Parlement et, d'autre part, entre les lobbys.

Au final, il n'y aura qu'avec le groupe d'extrême droite Identité et Démocratie que Mme von der Leyen n'aura pas débattu. (Mathieu Bion)

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