À Helsinki, où ils étaient réunis pour des discussions informelles, les ministres européens de l'Environnement et du Climat ont reconnu, jeudi 11 juillet, l'urgence de juguler de concert la crise climatique et la crise de la biodiversité et de faire preuve d'ambition dans la réponse à ces deux crises étroitement liées (voir autre nouvelle).
C'est là une priorité chère à la Présidence finlandaise du Conseil de l'UE. Elle a alimenté le déjeuner ministériel dans la perspective de la prochaine conférence des parties (COP 15) à la Convention onusienne sur la diversité biologique, qui se tiendra en Chine, en octobre 2020, en vue d'adopter un cadre pour l'après-2020.
« Le changement climatique et la biodiversité ne sont en aucune manière des sujets distincts, mais interdépendants. Ces phénomènes ont beaucoup de solutions en commun. Il faut s'attaquer aux causes profondes. L'UE attend une feuille de route claire, avec des objectifs pour 2020, 2040 et 2050. Nous devons agir maintenant et dans tous les secteurs. Le sentiment général est que l'action n'est pas une option, mais une obligation », a déclaré la ministre finlandaise de l'Environnement, Krista Mikkonen, qui a présidé les échanges.
Rappelant que l'objectif de stopper la perte de biodiversité à l'horizon 2020 ne sera pas atteint, elle a insisté sur l'obligation de résultat qui incombe aux parties pour l'après-2020.
Invitée d'honneur, la Secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique, Cristiana Paşca Palmer, a pu échanger avec les ministres sur l'urgence d'agir en leur présentant le rapport récent de l'IPBES, cette évaluation mondiale de l'état de la biodiversité qui vient de confirmer l'accélération du rythme d'extinction des espèces (EUROPE 12259/11).
Cet échange permettra de préparer les conclusions du Conseil 'Environnement' escomptées lors de sa session d'octobre.
Les ministres ont débattu de questions plus spécifiques dans le domaine de l'agriculture, notamment. « Des engagements spécifiques pourraient se concentrer sur la part de la production biologique, la réduction de l'utilisation tant des pesticides que des engrais, le rétablissement des pollinisateurs, des oiseaux, des terres agricoles et des éléments du paysage », a estimé le commissaire à l'Environnement, Karmenu Vella.
La Commission Juncker s'est concentrée sur l'optimisation des outils existants pour prévenir la perte de biodiversité en Europe et planifier, appliquer et financer les actions pour la contrer (Plan d’action pour la nature, les hommes et l’économie, l'initiative de l’UE pour lutter contre le déclin des pollinisateurs, les guides sur l’intégration des services écosystémiques et des infrastructures vertes), a-t-il indiqué. Il s'est réjoui de l'importance qu'accorde la Présidence finlandaise à cette question urgente.
Son appel en faveur d'une nouvelle action visant à reconnaître et à prendre en compte la biodiversité de manière transversale dans les politiques commerciale, industrielle, agricole et économique a rencontré les préoccupations des ministres, soucieux d'intégrer les préoccupations liées à la biodiversité dans toutes les politiques pertinentes. (Aminata Niang)