Les ambassadeurs des États membres auprès de l'Union européenne (Coreper) ont arrêté, mercredi 17 avril, un mandat de négociation sur le programme Europe créative post-2020. Ce mandat, quasiment identique à l'accord politique ('orientation générale') partiel adopté par les ministres européens de la Culture en décembre 2018, représente la position que le Conseil défendra face au futur Parlement (EUROPE 12164/18).
La proposition de nouveau programme Europe créative vise à promouvoir la culture européenne, qui contribue à la formation d'une identité européenne.
Comme nous le détaillions dans nos colonnes, le principal changement porte sur l’Orchestre des jeunes de l’UE et l’Académie européenne du cinéma : la version du Conseil ne prévoit plus de statut dérogatoire pour ces deux structures, statut qui leur permettait un traitement plus favorable (suppression de l'article 14).
Autre point notable : les délégations nationales ont renforcé le respect de l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes dans les dispositions relatives aux subventions (article 13), là où la Commission européenne prévoyait initialement des critères ayant trait à « l’équilibre » entre les femmes et les hommes.
Les autres changements, relativement mineurs, portent sur le label d'excellence (article 2) et les objectifs spécifiques du programme (article 3).
L'argent, nerf de la guerre. Le mandat de négociation du Conseil ne s'attaque pas aux chiffres, la dotation budgétaire du programme devant être traitée dans le cadre des négociations sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027.
Est toutefois reprise entre crochets la proposition de la Commission de doter le programme d'une enveloppe de 1,85 milliards d'euros (en prix courants). Le Parlement européen veut augmenter drastiquement ce montant. Il réclame 2,806 milliards d'euros en prix constants pour soutenir les secteurs européens de la culture et de la création et les œuvres audiovisuelles (EUROPE 12224/10). (Sophie Petitjean)