Faute d'accord avec le Conseil sous cette mandature, le Parlement européen a choisi de 'sécuriser', mercredi 17 avril, sa position en première lecture sur le projet de règlement permettant la mise en commun de l'expertise en matière de cybersécurité (EUROPE 12226/16).
Le projet de règlement, présenté en septembre 2018, envisage la création de trois nouvelles structures : - un centre européen de compétences industrielles, technologiques et de recherche au niveau de l'UE ; - un réseau des centres nationaux de coordination au niveau national ; - une communauté de compétences en matière de cybersécurité au niveau des acteurs. Ces structures doivent offrir la possibilité de mettre en commun et de partager les capacités de recherche et les résultats obtenus en matière de cybersécurité ainsi que de déployer des solutions de cybersécurité novatrices (EUROPE 12095/18).
Les négociations interinstitutionnelles avaient pourtant démarré dans un climat serein le 13 mars (EUROPE 12216/27), mais elles ont rapidement achoppé sur le lien entre le nouveau règlement et les instruments financiers concernés, à savoir le programme Europe numérique (1,9 milliard d'euros) et le programme Horizon Europe (1 milliard d'euros). Fidèle à leur approche générale, les États membres refusent d'être obligés de participer financièrement aux nouvelles structures, alors que les instruments financiers concernés requièrent un cofinancement.
La négociatrice en chef du Parlement européen, la députée pirate Julia Reda (Allemagne) a indiqué à EUROPE : « Le Parlement européen a immédiatement reconnu le rôle important que joueraient le centre de compétences et le réseau de cybersécurité dans la conception de la cybersécurité dans les années à venir. Au cours des négociations entre le Parlement et le Conseil, les orientations politiques ont également été l’un des points sur lesquels nous nous sommes le plus rapprochés pour parvenir à un accord », a-t-elle déclaré. Et de poursuivre : « C’est probablement en raison du calendrier ambitieux et de la rapidité de la procédure que les États membres ont dû demander plus de temps à la Présidence du Conseil pour leur permettre de vérifier de nouveau avec leur capitale les questions en suspens relatives au financement du Centre. » (Sophie Petitjean)