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Bulletin Quotidien Europe N° 12177
ACTION EXTÉRIEURE / Afrique

L'UE et l'UA à l'unisson sur la RDC, le maintien de la paix et le multilatéralisme, lors de la première réunion ministérielle conjointe

De l'avis des participants à la première réunion ministérielle conjointe entre l'Union africaine et l'Union européenne, qui s'est achevée mardi 22 janvier à Bruxelles, celle-ci a été constructive, car elle a permis de confirmer, plus d'un an après le sommet UA/UE d'Abidjan, la volonté commune de mettre en œuvre le partenariat stratégique bilatéral pour relever ensemble des défis communs. 

« Cette réunion confirme notre détermination à renforcer notre partenariat pour nous orienter vers un partenariat plus fort, approfondi, plus politique et une amitié entre nos deux continents ; un partenariat que nous tous, Africains comme Européens, considérons comme notre intérêt vital partagé. C’est un partenariat qui fonctionne, avant tout parce que nous y sommes engagés, les uns et les autres. » 

 Il s'agit d'un partenariat politique, avant toute chose, un partenariat pour la paix et la sécurité par le soutien aux opérations africaines de maintien de la paix, un partenariat pour les investissements et la croissance ainsi que la promotion du multilatéralisme, a précisé la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. Et d'indiquer qu’au-delà des 2,7 milliards d’euros déjà mobilisés par l'UE au moyen de la Facilité pour la paix en Afrique, 800 millions sont envisagés pour les deux années à venir. 

Signe de la coopération politique entre les deux groupes régionaux, l'Union européenne, après consultation de ses partenaires africains, a défini sa position sur la situation post-électorale en RDC, position dont elle souhaitait qu'elle fût pleinement coordonnée avec celle de l'UA, une fois proclamés les résultats définitifs d'un scrutin présidentiel sur lequel elle avait initialement émis des doutes (EUROPE 12176). La volte-face de l'Union africaine a conduit l'UE à s'aligner sur l'UA. 

Interrogée par la presse à l'issue de la réunion ministérielle, la Haute Représentante a déclaré : « Les élections ont eu lieu. C'est en soi une avancée majeure. Le peuple a exprimé sans équivoque son souhait d'alternance. Nous avons pris note des résultats. » Et d'insister sur la tâche qui incombe au président élu, une fois qu'il sera investi, de répondre aux attentes au plan social, au plan économique et de la gouvernance et d'engager un dialogue avec toutes les parties et tous les partenaires. « L'UE travaille en étroite consultation avec l'UA et nous le resterons jusqu'au prochain sommet de l'UA », a ajouté la Haute Représentante. 

« L'Union africaine est aux côtés du gouvernement et du peuple congolais depuis le début du processus électoral. Nous avons eu des observateurs. Nous nous sommes consultés pour accompagner la RDC. L'UA a pris bonne note des résultats qui ont été proclamés par les institutions officielles », a renchéri Richard Sezibera, ministre des Affaires étrangères du Rwanda - pays qui préside l'UA. 

 Le commissaire de l'UA pour la Paix et la Sécurité, Smaïl Chergui, a estimé que ces élections, organisées avec les moyens nationaux propres, étaient une véritable contribution à la démocratie. « Nous sommes prêts à travailler avec le président Tshisekedi et toutes les parties prenantes pour contribuer à pacifier le pays là où il y a des problèmes, en particulier à l'Est, et à promouvoir le développement et la démocratie », a-t-il dit. 

Selon lui, ce « transfert de pouvoir, pacifique, pour la première fois, devrait donner les moyens d'accompagner la RDC sur la trajectoire de la paix, de la sécurité et du développement ». En marge de la session, le secrétaire d'État français Jean-Baptiste Lemoyne a déclaré à la presse que « la France a pris note de la décision de la Cour constitutionnelle congolaise », invoquant, lui aussi, le « désir fort d'alternance observé dans la population ». La veille, lors du Conseil 'Affaires étrangères' de l'UE, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ne s'était pas exprimé à ce sujet. 

L'UA et l'UE sont également convenues de promouvoir la coopération sur la scène mondiale en faveur d'un ordre mondial fondé sur des règles, à l'heure où le multilatéralisme subit des coups de boutoir. « C'est ensemble, à 82 pays, que nous pouvons faire la différence », a estimé Mme Mogherini, qu'il s'agisse de la réforme de l'OMC ou de la lutte contre le changement climatique, notamment. (Aminata Niang)

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