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Bulletin Quotidien Europe N° 12113
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ACTION EXTÉRIEURE / IsraËl

L’Israélien Avi Dichter propose l’aide de son pays dans la lutte contre le terrorisme en Europe

Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le Parlement israélien, a proposé, lundi 8 octobre, l’aide de son pays à l’Europe concernant la lutte contre le terrorisme. 

« En Israël, nous avons appris à lutter contre le terrorisme au prix de nombreuses victimes. (…) Nous avons gagné tant d’expérience que l’on a un savoir-faire que l’on est prêt à partager avec vos experts, vos professionnels ; parfois, l’expérience ne peut pas être achetée. On l’acquiert en luttant contre les terroristes », a-t-il expliqué lors d’une audition en commission des Affaires étrangères du Parlement européen. 

Le parlementaire israélien s’est aussi étonné du fait que les Européens fassent une différenciation entre les branches politiques et militaires du Hezbollah. « 47 ans que je travaille en politique et je ne vois pas de différences, je n’ai jamais vu de séparation nette dans les organisations musulmanes terroristes entre la section politique et la section militaire », a-t-il expliqué, ajoutant qu’un parallèle avec l’IRA ou l’ETA ne fonctionnait pas au Proche-Orient. 

M. Dichter s’est montré peu enclin à discuter d’une solution au Proche-Orient, dénonçant l’attitude de l’Autorité palestinienne qui, selon lui, donne un salaire aux « terroristes palestiniens » emprisonnés en Israël. « Les choses ont changé, le conflit israélo-palestinien n’est pas le problème le plus important de notre pays, c’est le troisième ou le quatrième, même si cela ne veut pas dire que le problème a disparu », a-t-il estimé, rappelant la situation dans la région. « On parle d’une solution à un ou deux États, mais on vit dans une situation où on a l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et le Hamas dans la bande de Gaza », a-t-il ajouté. 

Certains députés européens se sont montrés déçus des propos du parlementaire israélien. Ainsi Ivo Vajgl (ADLE, slovène) s’est inquiété du ton. « Que nous reste-t-il, s’il ne reste que la colère ? Lorsque l’on parle politique ou diplomatie, il y a un mot magique : le dialogue, qui souvent apporte une solution à un grand nombre de problèmes. Et ce dialogue, il manque à cette dynamique entre Israéliens et Palestiniens, et aujourd’hui vous ne nous avez pas convaincus que vous vouliez mener un dialogue », a-t-il regretté, quand Wajid Khan (S&D, britannique) s'est inquiété du viol par l'État hébreu de lois internationales. 

Des députés sont même allés, devant le député israélien, jusqu'à regretter sa présence. Si le président de la commission, David McAllister, s’est dit - comme il le fait pour la venue de chaque haut dignitaire - « honoré » de recevoir le parlementaire, Ana Gomes (S&D, portugaise) s’est, elle, dite, non pas « honorée, mais dégoûtée ». Rappelant que M. Dichter avait été responsable du Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, elle a rappelé que le même M. Dichter avait été accusé de crimes de guerre. Il a aussi été le premier juriste à lancer la loi sur l’État-nation « raciste ». « Je ne vais pas poser de questions, car les seules questions auxquelles je veux qu’un criminel de guerre réponde ce sont celles du Procureur et de ses avocats », a ajouté Javier Couso Permuy (GUE/NGL, espagnol). (Camille-Cerise Gessant)

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