La France et l'Italie organiseront une « mission commune » au Nigeria, a indiqué le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, en signe d'apaisement des tensions bilatérales sur les questions migratoires, mardi 9 octobre à Lyon, à l'issue d'une réunion des ministres de six États membres - Allemagne, Espagne, France, Italie, Pologne et Royaume-Uni - et du commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Dimitris Avramopoulos.
« Le Nigeria est un des pays les plus problématiques » parce que « 60 000 » de ses ressortissants sont arrivés en Italie ces dernières années et nous ne parvenons à en expulser que « quelques centaines », a déclaré M. Salvini. Donc, « avoir des accords sérieux et concrets avec le Nigeria, avec l'aide de la Commission européenne, sera important pour le gouvernement italien », a-t-il ajouté.
D'après M. Salvini, l'important est de ne plus considérer l'Italie comme « un camp de réfugiés » comme c'était le cas avant son arrivée aux affaires. C'est pourquoi, un avion qui devait remettre à Rome des migrants arrêtés en Allemagne, mais ayant fait une demande d'asile en Italie, ne viendra pas, a-t-il souligné. En revanche, il a dit que l'Italie allait rouvrir en octobre les canaux permettant d'accueillir en Italie des femmes et des enfants fuyant des « zones de guerre ».
Pour la France, l'important est de trouver une solution européenne à la gestion du phénomène migratoire, sur fond de tensions entre Rome et Paris.
« Au-delà des postures, la question de l'immigration ne trouvera pas une réponse nationale. Elle exige une coordination, c'est un sujet complexe d'intérêt commun », a fait valoir M. Philippe, a rapporté l’AFP.
La France accuse Rome de bloquer l'émergence d'un consensus européen, et pousse notamment le gouvernement italien à concrétiser les conclusions du sommet européen de juin, prévoyant la création dans l'UE de 'centres contrôlés' de migrants secourus en Méditerranée dans les eaux territoriales des États membres et, partant, à abandonner la politique italienne des ports fermés aux bateaux secourant des migrants en mer.
La politique européenne de migration est à l'ordre du jour du Conseil 'Justice et affaires intérieures', vendredi 12 octobre à Luxembourg (voir autre nouvelle et EUROPE 12109). (Solenn Paulic et Mathieu Bion)