Les représentants des partis unionistes d’Irlande du Nord, dont la dirigeante du parti DUP, Arlene Foster, et le UUP ont entamé, mardi 9 octobre, une visite de quelques jours à Bruxelles et ont notamment rencontré Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit.
À l’issue de cette rencontre, Arlene Foster a réitéré ses lignes rouges lors d’une conférence de presse et refusé toute solution qui créerait une barrière réglementaire ou de contrôles entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.
À ses côtés, l’eurodéputée nord-irlandaise Diane Dodds (non-inscrite) a rappelé à quel point l’Irlande du Nord et le Royaume-Uni étaient économiquement intégrés, l’Irlande du Nord vendant plus de produits au Royaume-Uni qu’en Irlande et dans le reste de l’UE.
Elle a aussi critiqué l’absurdité de la solution que l’UE a proposée pour régler le problème irlandais, une solution qui impliquerait, selon elle, que le yaourt fabriqué en Grande-Bretagne à partir de lait d'Irlande du Nord soit contrôlé à son retour vers l’Irlande du Nord.
L’UE a envisagé, de son côté, qu’avec ce filet de sécurité il y aurait probablement plus de contrôles physiques à la frontière entre l’Irlande du Nord et le Royaume-Uni sur les animaux vivants ou les produits phytosanitaires, du moins au début. En dehors de cela, la Commission pense que la plupart des contrôles peuvent se faire de manière légère et sans inspection physique et pas forcément dans les ports, mais sur le marché lui-même.
Or, pour les deux femmes, le fait d’avoir plus de contrôles physiques pour les animaux vivants et aussi les produits dérivés reste inacceptable, Arlene Foster signalant toutefois qu’elle n’a pas non plus vu de proposition alternative de la part de Theresa May. Toutefois, les deux femmes ont contesté qu’il s’agisse d’une opposition purement constitutionnelle ; cette opposition est aussi fondée sur des raisons économiques liées aux ‘perturbations’ que pourraient créer ces contrôles. Elles ont insisté par ailleurs pour que, dans tous les cas de figure, l’Irlande du Nord ne soit pas traitée différemment du reste du Royaume-Uni.
La Commission européenne discutera pour sa part ce mercredi matin de l’état des lieux de la négociation avec Michel Barnier. Contrairement à ce qu’elle envisageait encore en fin de semaine dernière, elle ne devrait pas publier, ce 10 octobre, de projet de déclaration finale sur la future relation ni même de communication sur la préparation au ‘no deal’, un temps également envisagée. Cela ne signifie pas que les négociations aillent dans le mur ; les travaux et pourparlers continuent et la Commission devrait profiter d’un nouveau ‘Coreper’, planifié vendredi 12 octobre en fin de journée à Luxembourg, pour leur soumettre un projet d’accord. Ce dernier porterait vraisemblablement sur l’accord de retrait, selon une source, mais peut-être aussi sur la future relation. Une rencontre des 'sherpas' des 27 aura ensuite lieu lundi soir, à Bruxelles, avant un Conseil 'Affaires générales - article 50', le 16 octobre à Luxembourg. (Solenn Paulic)