Les ambassadeurs des Vingt-huit auprès de l'UE (Coreper) ont eu une discussion assez générale, mercredi 25 juillet, sur les deux documents de réflexion présentés la veille par la Commission européenne sur les centres contrôlés de migrants dans les pays de l'UE volontaires et les plateformes de débarquement dans les pays tiers sûrs d’Afrique du Nord, là encore volontaires (EUROPE 12069).
Cette discussion a permis aux États membres de considérer ces deux textes comme « une bonne base de travail », a relaté une source.
La discussion n’a pas porté sur des points précis et n’a pas non plus été marquée par des prises de position spécifiques. Mais « il y a eu reconnaissance de certaines questions » sur le fonctionnement des deux dispositifs envisagés et sur la situation des migrants qui seraient débarqués, selon cette source.
Certains pays ont profité de ces échanges pour rappeler que, parallèlement à ces travaux, la réforme du règlement de Dublin sur le système d'asile ne devait pas être perdue de vue et maintenue comme un objectif à réaliser, selon une deuxième source. Plusieurs pays ont estimé cette piste des centres contrôlés intéressante, si elle est assortie d’actions de solidarité, mais aucun pays ne s'est encore avancé pour accueillir ces structures.
Pour les plateformes de débarquement hors de l'UE, des questions ont été soulevées sur la prise de contact avec les pays tiers potentiellement intéressés. La prochaine étape aura lieu le 30 juillet à Genève dans le cadre d’une réunion entre l'Organisation internationale des Migrations, le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies et la Commission européenne.
Mardi, la Commission a précisé l'accord du Conseil européen de fin juin sur ces deux dispositifs destinés à mieux gérer la migration illégale vers l'UE (EUROPE 12051, 12052). Pour les centres contrôlés, elle a proposé argent et soutien opérationnel, l’UE pouvant prendre en charge tous les frais liés à ces centres et aux points de débarquement ainsi qu’aux transferts des migrants vers d’autres pays (volontaires).
Sur les plateformes dans les pays tiers, la Commission a signalé que les possibilités de réinstallation vers l’UE seraient limitées pour les personnes secourues afin de limiter l'effet d’attraction vers l'UE. Elle compte aussi soutenir financièrement les actions qui seront potentiellement décidées avec les volontaires.
La Présidence autrichienne du Conseil de l'UE fera le point début septembre sur ce dossier à la lumière de discussions bilatérales qui se tiendront au cours de l’été. (Solenn Paulic)