Les 43 pays membres de l'Union pour la Méditerranée (UpM), réunis pour la première fois depuis huit ans au niveau de leurs ministres du Commerce, lundi 19 mars à Bruxelles, ont donné un nouvel élan à l'intégration économique dans la région euro-méditerranéenne, se mettant en particulier d'accord sur un ensemble de règles d'origine modernisées pour la région en vue de finaliser, d'ici fin 2018, la révision de la convention paneuroméditerranéenne sur les règles d'origine.
« L'accord sur les éléments clés de la modernisation de la convention paneuroméditerranéenne sur les règles d'origine est une avancée majeure, mais du travail reste à faire sur les exigences techniques, les règles sanitaires et phytosanitaires (SPS) ou la protection des droits de propriété intellectuelle », a commenté la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, qui co-présidait la réunion avec le ministre jordanien du Commerce, Yarub Qudah.
Les pays de l'UpM ont aussi adopté deux plans d'action, l'un pour la lutte contre le piratage et la contrefaçon, l'autre pour la coopération sectorielle (dans les domaines de l'automobile, du textile et de l'habillement, des biens et services environnementaux et des TIC), plaidant pour une collaboration étroite avec le secteur privé pour les mettre en œuvre.
Les ministres ont pris acte du cadre positif pour le développement des relations économiques dans la région de l'UpM fourni par les accords d'association euro-méditerranéens et des accords de libre-échange, tels que l'accord d'Agadir - prélude à la future zone euro-méditerranéenne de libre-échange à travers une zone de libre-échange arabe regroupant Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine et Tunisie -, mais ils ont aussi reconnu la nécessité de libérer le potentiel commercial de la région en vue d'achever la zone de libre-échange de l'UpM.
Les ministres ont aussi discuté d'initiatives incluant la création d'un groupe de travail régional sur la coopération en matière de SPS ou la conception d'une feuille de route pour le rapprochement des exigences techniques qui facilitent les échanges commerciaux et les flux d'investissement mutuels.
Enfin, les ministres ont approuvé le nouveau service d'assistance Euromed, mis au point conjointement par la Commission européenne et le Centre du commerce international (ITC), qui fournira des informations actualisées et gratuites aux entreprises désireuses d'exporter.
« En dépit des désaccords, voire de certains conflits dans la région, pas particulièrement liés au commerce et qui rendent parfois difficile d'unir les gens autour de la table, cette nouvelle réunion a été une grande réussite en soi. Le dialogue est le meilleur moyen de relever nos défis communs. Nous avons réalisé des progrès concrets sur plusieurs questions et nous avons fait un pas de plus pour libérer le potentiel économique de cette région grâce au commerce », s'est félicitée Mme Malmström, saluant « l'engagement des États membres de l'UE, même dans sa partie nordique ».
Mme Malmström a aussi salué l'engagement manifesté par les ministres de l'UpM en faveur d'un commerce mondial ouvert et contre le protectionnisme.
Les ministres du Commerce de l'UpM se retrouveront en 2019. (Emmanuel Hagry)