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Bulletin Quotidien Europe N° 11984
ACTION EXTÉRIEURE / Russie

Les ministres appellent Moscou à collaborer dans l’enquête sur l’empoisonnement des Skripal

Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE ont appelé, lundi 19 mars, la Russie à collaborer avec le Royaume-Uni sur l’enquête concernant l’empoisonnement de l’ancien espion Sergueï Skripal et de sa fille à Salisbury, le 4 mars, qu’ils ont qualifié « d’acte imprudent et illégal » dans une déclaration commune. 

Précisant que l’UE prenait « très au sérieux l'évaluation du gouvernement britannique selon laquelle il est très probable que la Russie soit responsable », les ministres ont appelé celle-ci à « répondre d'urgence aux questions soulevées par Londres et la communauté internationale et à fournir une divulgation immédiate, pleine et complète de son programme ‘Novichok’ (l'agent innervant) à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ». Ils ont aussi exprimé leur solidarité « sans réserve » et leur soutien au Royaume-Uni, « y compris pour les efforts déployés pour traduire en justice les responsables de ce crime ». 

« J’espère que le président russe va accepter de participer concrètement, ouvertement et de manière transparente à une enquête sur les évènements. Il est particulièrement grave de voir utiliser des armes chimiques », a souligné le ministre belge, Didier Reynders, à son arrivée au Conseil. Selon le Français Jean-Yves Le Drian et l’Allemand Heiko Maas, il n’y a pas d’explication plausible autre qu’une responsabilité de la Russie. 

La déclaration ne fait cependant pas référence à de possibles mesures. « Nous verrons cela lorsque toute la situation sera éclaircie », a précisé l’Espagnol Alfonso Dastis. 

La veille, le président russe Vladimir Poutine, réélu le jour même avec plus de 76 % des voix, avait nié toute implication de son pays dans l’attaque, qualifiant les accusations britanniques de « grand n'importe quoi ». Une attitude que le Britannique Boris Johnson a fustigée à son arrivée à Bruxelles. « Les démentis de la Russie sont de plus en plus absurdes », a-t-il ironisé. 

Le Conseil européen devrait à son tour se saisir de la question, les 22 et 23 mars. (Camille-Cerise Gessant)

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