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Bulletin Quotidien Europe N° 11908
INSTITUTIONNEL / Allemagne

La Commission fait confiance aux autorités allemandes pour former un gouvernement stable

La Commission européenne a exprimé sa confiance, lundi 20 novembre, dans la capacité des partis politiques allemands à garantir la stabilité en Allemagne et sortir de l'impasse actuelle dans la formation d'un gouvernement.

La Constitution allemande, à son article 63, fournit une base pour « la stabilité et la continuité » politiques aussi « à la lumière des leçons du passé », a déclaré le porte-parole de l'institution européenne, Margaritis Schinas, confiant dans la capacité des autorités allemandes de trouver une solution politique.

La veille au soir, les négociations entre les chrétiens-démocrates (CDU/CSU), les libéraux (FDP) et les écologistes (Die Grünen) s'étaient interrompues après plus d'un mois de discussions. Le chef du parti libéral, Christian Lindner, avait considéré préférable de ne pas gouverner que de mal gouverner.

Les négociations achoppaient sur plusieurs questions liées à l'approfondissement de la zone euro, à la gestion du défi migratoire, alors que plus d'un million de migrants - surtout des Syriens - sont arrivés en Allemagne depuis 2015, et à la protection de l'environnement.

Après s'être entretenu avec la chancelière allemande faisant fonction, Angela Merkel, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a exhorté tous les partis au compromis au nom de l'intérêt général. « Le moment est venu que toutes les parties fassent une pause et revoient leur attitude. Tous les partis élus au Bundestag sont tenus de faire prévaloir l'intérêt général. J'attends de tous les partis une ouverture au dialogue », a-t-il déclaré, ne faisant jamais allusion à la possibilité de convoquer de nouvelles élections.

Lundi, les sociaux-démocrates (SPD), les grands perdants des élections législatives de septembre, ont réitéré leur refus de former à nouveau un gouvernement de coalition avec les chrétiens-démocrates.

Se disant très sceptique, Mme Merkel a dit préférer la convocation de nouvelles élections. « Je ne veux pas dire jamais, mais je suis très sceptique, et je crois que de nouvelles élections seraient la meilleure façon d'avancer », a-t-elle dit à la chaîne publique ARD.

L'absence de gouvernement allemand complique l'agenda européen. Mme Merkel a promis de tout faire pour que son pays soit bien géré, mais elle peut engager difficilement l'Allemagne au niveau européen sur des dossiers sensibles ou de long terme. Ce pourrait être le cas sur le passage aux négociations commerciales dans le cadre du Brexit et sur l'approfondissement de la zone euro.

Malgré ces difficultés, la Commission maintient le cap. Selon nos informations, rien n'indique à ce stade un changement de calendrier dans la préparation de propositions telles que l'élaboration d'une fonction de stabilisation des pays de la zone euro faisant face à des chocs macro-économiques, attendues pour mercredi 6 décembre (EUROPE 11899).

L'approfondissement de la zone euro est inscrit à l'ordre du jour du sommet européen de décembre, des décisions n'étant toutefois pas attendues avant juin 2018. (Mathieu Bion)

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