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Bulletin Quotidien Europe N° 11908
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

La COP 23 a permis des progrès louables même s’ils laissent un goût de trop peu, selon l’UE

La COP 23, qui s’est achevée samedi 18 novembre, a permis aux 195 parties à la table des négociations de détailler les règles de mise en œuvre de ce premier accord universel sur le climat et de se donner un an – un an de dialogue tout au long de 2018 - tant pour finaliser ces règles et procédures, que pour évaluer le niveau de leurs émissions. De l’avis des négociateurs européens, il s'agit d'une avancée, modeste, certes, mais incontournable et encourageante.

Cette COP de transition, la première depuis l’annonce du retrait des États-Unis par Donald Trump, n’a pas fait de miracle, tant il est vrai que les offres de réduction d’émissions de gaz à effet de serre sur la table sont en deçà des objectifs de Paris – leur trajectoire mène à plus de 3 degrés Celsius de réchauffement planétaire moyen en 2100 au lieu de 2 degrés Celsius, voire 1,5° maximum - et que les pays les plus vulnérables et les plus pauvres sont restés sur leur faim (EUROPE 11907).

Revoir les ambitions à la hausse d'ici à 2020. Le dialogue de Talanoa (du nom d’une pratique coutumière de dialogue à Fidji), qui sera lancé en 2018 et trouvera son épilogue à la COP 24 de Katowice (Pologne, décembre 2018), sera mis à profit pour que les parties évaluent en toute transparence où elles en sont respectivement dans leur niveau d’émissions en vue d’accélérer leurs efforts et de faire mieux. Cela, sur la base de données comparables du sens des responsabilités incombant à chaque partie et sans pointer du doigt les mauvais élèves, mais uniquement pour aider à revoir les ambitions à la hausse. Telle est la feuille de route arrêtée pour ce dialogue et l’esprit qui devra présider à cet exercice pour « nous préparer à des actions plus ambitieuses », a précisé le président de la COP et Premier ministre de Fidji, Frank Bainimarama.

À la fin 2018, mais avant la COP 24, le groupe intergouvernemental d'experts sur l’évolution du climat (GIEC) aura publié son rapport sur ce que représente scientifiquement l’objectif de 1,5 degré Celsius de réchauffement moyen global – des données capitales pour alimenter le dialogue de Talanoa.

 Encore beaucoup de travail à fournir. « L’esprit de Paris est vivant, nous avons fait des progrès sur les questions qui étaient importantes pour l’UE comme le programme de travail de Paris. Mais nous devons continuer à construire sur cet élan dans les mois qui viennent parce que beaucoup de travail nous attend avant que nous nous retrouvions à Katowice l’an prochain. Le principal objectif doit être de maintenir le monde sur la voie de ce qui avait été décidé à Paris il y a deux ans », a déclaré le commissaire à l’Action pour le climat et l’Énergie, Miguel Arias Cañete, qui a négocié pour l’UE en tandem avec le ministre de l’Environnement estonien et président du Conseil Environnement, Siim Kiisler.

Tous deux se sont enorgueillis d'avoir pu annoncer enfin que l'UE ratifiera cette année l'amendement de Doha au Protocole de Kyoto, décisif pour l'action climatique pré-2020 (EUROPE 11906) et de rappeler que l'objectif d'atténuation de l'UE sera probablement de -26% en 2020 (par rapport à 1990), au lieu de -20%.

Même si l’administration Trump n’a pas changé d’avis et compte se retirer de l’Accord de Paris, sauf à négocier des conditions plus favorables aux intérêts américains, les États-Unis, représentés par un diplomate à la table des négociations, ont, de l’avis de la ministre allemande de l’Environnement, Barbara Hendricks « joué un rôle constructif ». Les États fédérés, le secteur privé et la société civile américains, qui soutiennent l'Accord de Paris, ont donné de la voix pour faire contrepoids à la coalition américaine procharbon. Et le fait que cette COP ait été, pour la première fois, présidée par Fidji a permis de « rapprocher » les pays riches des préoccupations majeures des petits États insulaires menacés de disparition.

Appel du PE à l'UE à sortir du charbon. Le Parlement européen, qui demande à l'UE de revoir ses objectifs à la hausse pour l'horizon 2030 et de se doter d'une stratégie pour l'horizon 2050, aurait souhaité que la COP 23 fasse preuve de davantage de détermination à agir rapidement. La délégation du PE à Bonn a toutefois salué des avancées pour rendre opérationnel l'Accord de Paris.

« L’une des initiatives les plus marquantes de cette conférence climatique est sans aucun doute l’engagement d’un groupe de pays pour une fermeture rapide des centrales à charbon, couplée à une sortie du nucléaire. L’UE devrait suivre l’exemple et s’y rallier aussi vite que possible. L’émergence d'une coalition de villes, d'entreprises et d’États américains favorables à l'Accord de Paris est également réconfortante », a estimé l'eurodéputé Yannick Jadot, membre de la délégation parlementaire.

Cap sur le sommet de Paris du 12 décembre. C’est le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker qui représentera la Commission européenne au sommet international sur le climat 'One Planet', que le président français, Emmanuel Macron, organise à Paris avec l'ONU et la Banque mondiale, pour célébrer le deuxième anniversaire de l’Accord, avec pour ambition de faire le point et de progresser sur les engagements financiers, notamment ceux du secteur privé, comme il l’a annoncé à la tribune à Bonn (EUROPE 11905). Ce sommet devrait accélérer la mobilisation des acteurs et des moyens financiers, espère M. Macron.

En 2018, avant la COP 24, l’UE coprésidera avec le Canada et la Chine la deuxième réunion ministérielle sur l’action climatique à Bruxelles, à l'instar de celle qui a eu lieu avant la COP 23. (Aminata Niang)

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