Les ministres compétents (Affaires européennes, Affaires étrangères ou Santé) des vingt-sept États membres ont décidé, lundi 20 novembre à l’issue d’un vote à bulletin secret, de relocaliser les deux agences européennes actuellement basées à Londres : l’Agence européenne des médicaments (EMA) et l’Autorité bancaire européenne (EBA) iront respectivement à Amsterdam et Paris à partir de fin mars 2019 lorsque le Brexit sera effectif.
Le vote, qui a suivi une procédure très particulière (EUROPE 11906), s’est déroulé dans les temps impartis mais il a fallu procéder, à chaque fois, à un tirage au sort final pour départager les deux villes finalistes.
EMA. La première décision a porté sur la relocalisation de l'EMA qui emploie actuellement 900 personnes.
À l’issue d'un premier tour de scrutin, Milan, Copenhague et Amsterdam avaient reçu la faveur des suffrages parmi 19 villes candidates avant que la candidature de Copenhague soit rejetée.
Devant la presse, le ministre des Affaires étrangères, Halbe Zijlstra, a promis que son pays ferait tout pour assurer la « continuité » des travaux de l'agence pour protéger des patients notamment des faux médicaments.
En lice pour accueillir l’EMA, Barcelone a en tout cas été balayée au premier tour. La presse espagnole a aussitôt mis en cause la crise catalane comme raison de l'échec espagnol.
EBA. Huit villes étaient candidates pour accueillir l'Autorité bancaire européenne qui emploie 170 personnes.
Paris, Dublin et Francfort se sont vite positionnées en tête, Francfort étant ensuite écartée lors d'un second tour.
La ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a remercié les États membres ayant voté pour la candidature française et considéré que la difficulté de choisir témoignait de la qualité des candidatures sur la table. Elle a reconnu qu’il faudrait peut-être, à l’avenir, prendre davantage en compte le critère de l’équilibre géographique, les pays de l’Est n’ayant en effet récupéré aucune agence. Mais cette fois, c’est le critère de la préparation et de la rapidité à relocaliser ces agences qui devait primer, a expliqué Mme Loiseau.
Selon la Présidence estonienne du Conseil de l’UE, le vote a été très transparent et la procédure, basée sur des critères stricts, a été entièrement respectée, a expliqué le ministre estonien Matti Maasikas.
La Commission a aussitôt promis de présenter rapidement les propositions législatives nécessaires pour acter les deux décisions prises et d'apporter un soutien au processus de transfert des deux agences afin d'assurer une continuité de leurs activités.
Une journée triste pour les Vingt-sept ? Donald Tusk, le président du Conseil européen, avait donné le ton dès lundi matin. Souhaitant bonne chance aux villes candidates, il avait indiqué sur son compte Twitter que la grande gagnante de cette journée serait l’UE à vingt-sept, démontrant sa capacité à s’organiser pour gérer la sortie du Royaume-Uni de l’UE.
Ces décisions sur les agences sont intervenues lors d'un Conseil 'Affaires générales' à vingt-sept (format 'article 50'). Les ministres ont fait le point sur les négociations en cours relatives au retrait du Royaume-Uni en présence du négociateur de l’UE, Michel Barnier. M. Maasikas a souligné l'importance des semaines à venir pour réaliser une percée dans les négociations d'ici au sommet européen de décembre (EUROPE 11907). (Solenn Paulic)