Les ministres européens chargés de la politique spatiale convergeraient vers un accord pour apporter les ressources budgétaires « nécessaires » destinés à poursuivre le programme d’observation terrestre Copernicus, lors de la réunion informelle sur l’Espace avec l’agence spatiale européenne (ESA) à Tallinn, mardi 7 novembre. Rien n'est arrêté pour l'heure, mais il pourrait s'agir d'un signal positif au secteur.
« Nous avons besoin d’argent pour ce programme, et c’est pourquoi cette réunion est très importante », avait expliqué la commissaire au Marché intérieur et à l’industrie, Elżbieta Bieńkowska, en amont de la réunion. Et de préciser que le programme offre les données les plus précises, qui existent à l’heure, en matière d’observation terrestre. Cette demande semble avoir été entendue.
Selon une source diplomatique, les discussions entre ministres portaient principalement sur le contenu du programme européen et non sur les dispositions budgétaires spécifiques. Toutefois, il y aurait eu un consensus sur l’importance cruciale que revêt le programme et la nécessité d’attribuer les ressources budgétaires « nécessaires ». Les détails de la ventilation et du montant budgétaire n’ont pas encore été discutés.
Ce signal devrait être accueilli favorablement par l’industrie spatiale. Celle-ci avait dernièrement écrit au vice-président de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, lui demandant 20 milliards d’euros pour la politique spatiale dont 7 milliards pour le programme Copernicus (EUROPE 11882).
Les ministres se retrouveront autour de la politique spatiale le 1er décembre lors du Conseil 'Compétitivité'.
M. Tajani confiant pour le prochain budget
Mardi à Bruxelles lors d’une conférence en présence du spationaute français Thomas Pesquet, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a dit avoir bon espoir pour le prochain budget européen pour l’espace, en raison de l'essor de la politique de la défense européenne. Il a d’ailleurs évoqué la nécessité de réviser les règles de la concurrence pour préserver le savoir-faire européen et le secteur industriel européen face aux concurrents internationaux, nommant la Chine, les États-Unis ou encore la Russie.
Interrogé par EUROPE sur le budget spatial, M. Pesquet a estimé possible de faire beaucoup avec peu, et que la coopération entre États membres avait un rôle majeur à jouer. (Pascal Hansens)