La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a appelé, mardi 7 novembre, le Congrès américain à respecter l’accord sur le nucléaire iranien que le président Donald Trump a refusé de certifier le 13 octobre dernier.
Tout en soulignant ne pas vouloir interférer dans la politique interne des États-Unis, Mme Mogherini a expliqué avoir discuté avec plusieurs membres du Congrès américain, de la « nécessité que les États-Unis respectent l'accord ». « J'ai des garanties de plusieurs acteurs [quant au fait] que c'est exactement l'esprit dans lequel ils travaillent », a-t-elle précisé lors d’une conférence de presse à Washington, ajoutant avoir eu « des indications claires selon lesquelles l'intention est de faire en sorte que les États-Unis continuent de respecter l'accord ».
La Haute Représentante a précisé que les Européens étaient prêts à accompagner les législateurs pour trouver des solutions qui soient compatibles avec l’accord. « Nous sommes prêts à discuter du contenu », a-t-elle insisté.
Mme Mogherini a cependant refusé de commenter le contenu de la proposition de loi en préparation, précisant « ne pas avoir vu » le projet. Selon plusieurs observateurs, cette proposition s’apparenterait à une renégociation unilatérale de l’accord. « Renégocier » cet accord, même en partie, « n’est pas une option », a de nouveau prévenu Mme Mogherini.
Interrogée sur de possibles sanctions américaines envers l’Iran, qui pourraient avoir une répercussion sur les entreprises européennes en raison de leur extraterritorialité, la Haute Représentante a rappelé avoir « clairement indiqué que l'Union européenne et ses États membres protègeront les intérêts européens », qu’ils soient sécuritaires ou économiques. « J'ai l'impression qu'aux États-Unis, il y a parfois une surestimation des relations économiques que l'UE entretient avec l'Iran (…) Nos exportations vers l'Iran représentent 0,4% du total des exportations de l'UE dans le monde, ce qui signifie qu'elles ne sont pas si pertinentes pour l'économie européenne », a-t-elle expliqué.
Tout en rappelant que l'accord nucléaire ne portait que sur le nucléaire, la Haute Représentante est revenue sur les tensions dans la région du Golfe, notamment entre l’Iran et l’Arabie Saoudite. Mme Mogherini a plaidé pour « une approche différente dans la région, celle qui investit davantage dans la coopération et moins dans la confrontation ». « Nous ne sommes pas contents de certains des comportements que nous voyons dans la région, venant de toutes les parties », a reconnu la Haute Représentante, encourageant « le dialogue, l'ouverture, la coopération régionale ». « Nous travaillerons à réduire et à contenir les tensions », a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)