Le gouvernement bulgare est venu présenter, mercredi 8 novembre, son programme pour sa toute première Présidence du Conseil de l’UE, au premier semestre 2018, sous le slogan « l’unité fait la force » (United we stand strong).
« Ce slogan n’est pas que pour la Bulgarie, nous le voulons pour l’ensemble de l’UE. L’unité de l’UE et de ses États membres ne pourrait que nous rendre plus forts », a expliqué le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov. « Pour moi, le message n’est qu’un : ce n’est qu’en restant unis que nous saurons garder la force de l’UE », a ajouté la commissaire bulgare, Mariya Gabriel, qui est chargée de la Société et l’Économie numériques.
M. Borissov a ensuite détaillé son programme. Une des priorités de son pays concerne sa propre région, celle des Balkans, puisqu'il souhaite l’intégration des Balkans occidentaux au sein de l’UE. Il a estimé que l'occasion s'offrait de faire entrer la péninsule des Balkans dans l’UE, alors que le Royaume-Uni va la quitter, vantant les ressources et sa nature « fantastiques » de cette région ou encore des « peuples travailleurs ». « C’est maintenant ou jamais. Pendant de nombreuses années, le sujet n’était pas à l'ordre du jour. Maintenant il y a une possibilité, car, après nous, il y aura les Présidences autrichienne et roumaine, c’est une chance rare », a-t-il ajouté. Il a souhaité que l’UE et les Balkans avancent en ce qui concerne les infrastructures, la compétitivité et a également cité la fin du roaming au sein des Balkans occidentaux. Sous Présidence bulgare se tiendra, le 17 mai, le tout premier sommet UE-Balkans occidentaux (Albanie, Ancienne République yougoslave de Macédoine, Kosovo, Monténégro, Serbie, Bosnie-Herzégovine).
De son côté, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a estimé que la Bulgarie jouait « un rôle central », dans la région « compliquée » des Balkans. « Il faudra que nous gardions ouverte la perspective européenne pour les pays des Balkans occidentaux. (…) Mais je voudrais que la perspective européenne soit comprise, non comme une invitation, mais comme une nécessité continentale dans les pays concernés », a-t-il expliqué. Et si, selon lui, aucun des six pays ne sera capable de rejoindre l’UE d’ici 2019, la Serbie et le Monténégro « seront membres de l’UE avant 2025 », a estimé M. Juncker.
Le Premier ministre bulgare a également insisté sur les questions de sécurité, qu'elles soient liées aux flux migratoires - alors que son pays partage une frontière avec la Turquie – à la cyberdéfense ou encore à la Défense. Il a rappelé que le développement de la Coopération renforcée permanente se fera sous sa présidence.
La future Présidence bulgare souhaite aussi poursuivre les travaux de la Présidence estonienne sur le marché unique numérique. Un choix salué par Mme Gabriel, qui traite de ce dossier. Elle a mis en avant une « Europe forte, unifiée et numérisée ». Elle a aussi rappelé que, sous Présidence bulgare, se poursuivront les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE et commenceront celles sur le cadre financier pluriannuel.
Prochain rapport sur Schengen très positif pour Sofia
Lors de leur réunion conjointe, le Collège des commissaires et les membres du gouvernement bulgare ont également discuté des relations bilatérales entre la Commission et la Bulgarie. Ainsi, M. Juncker a annoncé que le rapport qui sera publié la semaine prochaine concernant les progrès du pays en vue de son adhésion à l’espace Schengen, le 6ème du genre, sera « très positif ».
De même, le président de la Commission a estimé que la Bulgarie était « prête » à rejoindre la zone euro et que, si elle le demandait, il « la soutiendrait ». M. Juncker a salué les performances de la Bulgarie concernant son budget, rappelant que sa dette publique n’était que de 29%, soit moins de celle d’un certain nombre de pays de la zone euro. M. Borissov a annoncé que la dette allait même baisser « d’ici un à deux ans ». Il a ajouté que son pays remplissait les critères.
Le projet ferroviaire à grande vitesse 'Sea2Sea' entre la Bulgarie et la Grèce, tout comme le projet de corridor 8, qui reliera Tirana, en Albanie, à Varna, en Bulgarie, ont aussi été au cœur des discussions. « Nous soutiendrons le projet Sea2Sea par différents moyens », a annoncé M. Juncker, sans pour autant donner plus de détails. (Camille-Cerise Gessant)