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Bulletin Quotidien Europe N° 11892
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'institut monétaire prolonge l'opération 'quantitative easing' en en réduisant la voilure

Les gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) ont décidé, jeudi 26 octobre, de prolonger jusqu'à fin septembre 2018 au plus tôt, le programme de rachat massif de titres principalement publics ('quantitative easing' ou QE) tout en le recalibrant à la baisse.

Tenant compte d'une reprise économique qui s'affermit sans toutefois provoquer un retour rapide de l'inflation à un niveau proche, mais inférieur à 2%, la Banque centrale a pris quatre décisions principales dévoilées dans l'ordre suivant par son président, Mario Draghi :

(1) Les principaux taux d'intérêt sont maintenus inchangés (0,00% pour les opérations principales de refinancement, 0,25% pour la facilité de prêt marginal, -0,40% pour la facilité de dépôt) sur une période allant au-delà de l'opération 'QE' ;

(2) à partir de janvier 2018, le rythme de rachat massif de titres diminuera de 60 à 30 milliards d'euros jusqu'à fin septembre 2018 ou au-delà, si la trajectoire de l'inflation n'est pas conforme à la mission de la BCE, cette dernière se tenant prête en toute circonstance à modifier l'opération 'QE' en termes d'ampleur et de durée ;

(3) la BCE et les banques centrales nationales continueront de réinvestir les montants des titres acquis dans le cadre du 'quantitative easing' et arrivant à maturité sur une durée allant bien au-delà de la fin de l'opération ;

(4) les opérations principales de refinancement par voie d'appels d'offres à taux fixe seront reconduites aussi longtemps que nécessaire, au moins jusqu'en 2019.

Il est nécessaire de « recalibrer » notre politique monétaire accommodante, a déclaré M. Draghi, prônant devant la presse « la patience, la prudence et la persévérance ». Selon lui, les décisions prises à Francfort reflètent un équilibre entre la confiance accrue dans l'économie de la zone euro et le besoin de maintenir les injections de liquidités sur les marchés parce que l'inflation ne parvient pas à s'autoalimenter ('self-sustained') via la croissance économique.

L'ancien gouverneur de Banca d'Italia a notamment révélé que l'inflation, même si elle augmentera graduellement à moyen terme, allait légèrement diminuer au passage à l'année 2018, notamment en raison de fluctuation des prix énergétiques. En septembre, l'inflation s'est élevée à 1,5% dans la zone euro.

Interrogé sur la teneur des discussions au sein du Conseil des gouverneurs, le président de la BCE a admis que la décision prise sur le 'QE' n'avait pas été unanime. Des vues divergentes auraient surtout visé l'opportunité d'introduire, ou pas, une date limite à l'opération. Il a néanmoins noté une « atmosphère plutôt positive » en raison des signaux économiques favorables matérialisés, par exemple, par le dynamisme des marchés financiers, une baisse du chômage et une hausse à la fois de la consommation et de l'investissement privé.

Sur le réinvestissement des montants récupérés avec l'arrivée à maturité des titres acquis dans le cadre du 'QE', M. Draghi a fait état d'un stock de taille conséquente. Selon le vice-président de la BCE, Vítor Constâncio, ce seront plusieurs milliards d'euros en moyenne qui continueront d'être réinvestis chaque mois sur les marchés pour stimuler l'économie de la zone euro.

Dans une question écrite à la BCE, 25 eurodéputés italiens du groupe S&D critiquent le rachat par la BCE pour 125 millions de titres de Novomatic, un géant de l'industrie des jeux d'argent. (Mathieu Bion)

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