Alors que la Commission européenne essaie de convaincre les États membres d’assouplir le dispositif d’intervention publique sur la poudre de lait pour ne pas en accumuler encore plus l’année prochaine, les producteurs européens de l'European milk board (EMB) demandent le renforcement des outils de gestion des crises.
« Il ne lui reste plus que la peau sur les os. Même une hausse du prix du beurre ne parvient pas à soulager la détresse dans la filière laitière », s'est alarmé l’EMB, qui a mené le 26 octobre devant le siège de la Commission européenne une « action symbolique » : la statue d’une vache squelettique avec, à ses pieds, des sacs pleins de poudre de lait. « Il manque toujours un mécanisme de prévention des crises au sein de la PAC » pour limiter ou réduire la production en cas de déséquilibre grave du marché, déplore une nouvelle fois l’EMB. L’organisation agricole estime que les prix du lait restent nettement inférieurs aux coûts de production du fait, entre autres, de la pression qu’exercent les stocks de poudre de lait écrémé accumulés durant la crise de 2016.
Manque d'enthousiasme des États membres
La Commission européenne essaie justement de convaincre les États membres de réduire le plafond d'intervention publique pour la poudre de lait écrémé à zéro pour 2018 afin de ne pas accumuler de nouveaux stocks de poudre (EUROPE 11880). « Si rien n'est fait, à partir de mars de l'année prochaine (date d’ouverture du dispositif d’intervention publique), nous serons obligés d'acheter de la poudre de lait à un prix fixe dans les limites du plafond de 109 000 t », s’est de nouveau inquiété le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, le 19 octobre alors qu’il participait au congrès des coopératives laitières polonaises. Mais les experts agricoles des États membres, réunis le 23 octobre en Comité spécial agricole, n'ont pas apporté un soutien franc à cette proposition : quelques-uns soutiennent la proposition tout en insistant bien sur le fait qu’elle doit être temporaire alors que d’autres dénoncent un nouvel affaiblissement du filet de sécurité. Tous ont, en revanche, appelé la Commission européenne à trouver une solution pour écouler les stocks accumulés depuis 2016 (qui atteignent près de 400 000 t), notamment à destination des démunis et de l’alimentation animale.