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Bulletin Quotidien Europe N° 11880
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Le commissaire Phil Hogan propose une révision du dispositif d'intervention publique sur la poudre de lait en 2018

Le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, a proposé, lundi 9 octobre à Luxembourg, à l'occasion d'une discussion des ministres de l’Agriculture de l’UE sur la situation des marchés agricoles, de réduire le plafond d'intervention publique pour la poudre de lait écrémé à zéro au lieu de 109 000 tonnes habituellement à partir du 1er mars 2018.

Cette mesure ne supprimerait pas le dispositif d'intervention public qui pourrait être ouvert, si besoin est, sous forme d'appels d'offres, « mais il fonctionnerait de manière contrôlée, en fonction des conditions du marché », a précisé Phil Hogan. La Commission veut éviter que les stocks publics européens de poudre de lait, qui atteignent déjà 380 000 t., ne grossissent encore l'année prochaine. « On ne peut pas continuer à stocker sans fin », a ajouté le commissaire. Seulement, cette décision devra être validée par les Vingt-huit.

Mais sa proposition n'a pas, à ce stade, reçu le soutien qu’il espérait. Peu de délégations (Danemark, Italie, Suède) ont soutenu cette initiative présentée à la dernière minute. Phil Hogan voudrait que les États membres manifestent leur intérêt « dans les prochains jours » afin de mettre sur la table une proposition formelle.

Déstockage et organisations de producteurs

Autre sujet de discussion sur la poudre de lait à l’occasion du Conseil agricole : que faire des stocks de poudre de lait amassés pendant la crise laitière de 2016 qui sont en train de se détériorer ? Seules 140 t ont été vendues depuis que la Commission a décidé de déstocker. De nombreuses délégations, notamment la France soutenue par le Danemark, l'Italie, la Lituanie, la Slovaquie et la République tchèque, ont estimé qu'il était temps de chercher d'autres débouchés à ces stocks comme l'alimentation animale ou les personnes les plus démunies. « Nous étudions prudemment toutes les pistes, mais aucune option n'est simple », a indiqué Phil Hogan.

Par ailleurs, le commissaire à l'Agriculture a annoncé le lancement d'une campagne de sensibilisation sur l'utilité des organisations de producteurs dans le secteur laitier afin d'encourager la création de nouvelles et d'améliorer le fonctionnement de celles existantes. Un groupe d'experts se réunira le 19 octobre pour en définir le cadre, puis une réunion le 28 novembre réunira les parties prenantes et, enfin, des missions de communication sur le terrain seront mises en place en 2018.

Vigilance sur le sucre, le porc et le Mercosur

Au-delà de ces questions, de manière générale, le Commissaire européen a indiqué que les marchés agricoles s'étaient stabilisés ces derniers mois tout en assurant se montrer vigilant sur deux secteurs : le sucre, dont les quotas de production viennent d'être abandonnés (EUROPE 11874), et le porc, dont les exportations accusent un net recul depuis quelques mois (-9% prévus en 2017) en raison de la baisse de la demande chinoise et des prix élevés de l'UE qui limitent la compétitivité des exportations. Cette baisse devrait néanmoins être partiellement inversée en 2018, estiment les services de la Commission.

La France, soutenue par huit autres États membres (Autriche, Hongrie, Irlande, Luxembourg, Pologne, Roumanie, Slovénie et Slovaquie), n’a pas manqué, pour sa part, de faire entendre ses craintes concernant les négociations en cours avec le Mercosur et, notamment, les concessions faites sur la viande bovine (70 000 t) et l’éthanol (600 000 t). « Nous ne pouvions pas avancer dans les négociations sans une offre crédible sur ces deux produits », a justifié Phil Hogan. Une offre qui, au demeurant, a « déçu » les partenaires sud-américains, a noté le commissaire à l’Agriculture.

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