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Bulletin Quotidien Europe N° 11880
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ACTION EXTÉRIEURE / Unrwa

Pour M. Krähenbühl, Gaza est une bombe à retardement

Le commissaire général de l'Agence de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), Pierre Krähenbühl a estimé, mardi 10 octobre, que la bande de Gaza était une « bombe à retardement ».

« Gaza est une des zones les plus négligées de la région en termes politiques. Il n’y a pas de conflit ouvert, pas de victimes, pas de tirs d’artillerie (…), mais il ne faut pas la négliger, car il y a tous les ingrédients d’une bombe à retardement qui pourrait nous exploser à la figure », a-t-il prévenu lors d’une audition au Parlement européen. « Les paramètres sociaux, économiques et humanitaires à Gaza sont les germes du conflit de demain », a-t-il ajouté, rappelant la situation humanitaire « catastrophique » dans ce territoire. Le commissaire général a, par exemple, rappelé que 90% des étudiants n’avaient jamais quitté Gaza et que 65% ne trouveront jamais d’emploi dans la bande. Selon lui, « il n’y a pas de perspective et d’avenir pour les Gazaouis dans les paramètres existants ». « Il faut absolument créer un horizon politique, mais aussi personnel », a donc appelé M. Krähenbühl.

Selon le commissaire général, « la réconciliation palestinienne est une des composantes clé qui pourrait aboutir à améliorer réellement les conditions de vie de la population ». Une réconciliation qui serait aussi positive du point de vue humanitaire, car cela mettrait les bases pour résoudre des questions telles que le système de sécurité ou les problèmes d’électricité, a-t-il expliqué. M. Krähenbühl a ainsi souligné que le processus de réconciliation en cours entre les factions palestiniennes devait être soutenu (EUROPE 11877). Il a rappelé qu’il ne s’agissait pas d’avoir un gouvernement d’entente ou d’unité nationale, mais que l’Autorité palestinienne puisse exercer son autorité dans la bande de Gaza.

M. Krähenbühl a également expliqué que le blocus et l’occupation étaient des paramètres fondamentaux du conflit. « La Communauté internationale doit s’en occuper », a-t-il estimé, mettant notamment en avant l’importance de la liberté de circulation.

Un trou de 77 millions d’euros

Le commissaire général est aussi revenu sur le soutien financier dont son Agence a besoin. « La situation financière est de plus en plus délicate », a-t-il reconnu, rappelant qu’en 2015, la rentrée scolaire avait failli être retardée faute de moyens financiers. Il a révélé qu’il manque encore 77 millions d’euros pour boucler le budget. Le 20 septembre, le commissaire européen à la politique de voisinage, Johannes Hahn, avait annoncé une contribution supplémentaire de l’UE de 9,5 millions d’euros pour le programme budgétaire 2017 de l’UNRWA. Mais M. Krähenbühl voit déjà plus loin. « Dès l’an prochain, vous allez lancer les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel. Il est très important que le Parlement européen soutienne la cause des réfugiés palestiniens, que dans les réflexions, vous teniez compte de l’UNRWA », a-t-il  plaidé auprès des députés. (Camille-Cerise Gessant)

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