Pour relever ensemble les défis mondiaux d'intérêt commun comme la migration, la sécurité, le changement climatique, et viser de concert la prospérité et la stabilité, l’UE et l’Afrique doivent renforcer leur partenariat, estiment les députés membres de la commission du développement du Parlement européen.
Ils ont donc souscrit, mardi 10 octobre à Bruxelles, à la communication présentée par la Commission européenne et le Service européen d’action extérieure en mai dernier, et approuvée par le Conseil, pour donner un nouvel élan à ce partenariat stratégique. Mais ils ont surtout énoncé des propositions concrètes pour une montée en puissance du partenariat, conforme à leurs souhaits de bonne gouvernance, de croissance économique et de stabilité partagées.
Suivant leur rapporteur, l’eurodéputé français Maurice Ponga (PPE), c’est à un partenariat plus politique, qui permette d’aider à la résilience économique, sociale et environnementale, qu’ils ont appelé, afin d'aider ce continent et, en particulier, sa jeunesse, qui représentera la majeure partie des 2,5 milliards d'Africains à l’horizon 2050, à s’orienter vers le développement durable. Le rapport Ponga, adopté à une confortable majorité (19 voix pour, 5 contre 3 abstentions), sera soumis au vote du Parlement à la session plénière de novembre.
Pour le partenariat « gagnant, gagnant » qu’ils appellent de leurs vœux, les députés demandent notamment - un dialogue franc sur la bonne gouvernance, la démocratie, l’État de droit, les droits de l'homme et la lutte contre la corruption, et le conditionnement de l’aide au développement au strict respect de ces éléments essentiels ; - l’abaissement des barrières au financement des transferts de technologies pour combattre le changement climatique ; - l’élaboration d’une charte Afrique-UE sur la gestion durable des ressources naturelles ; - l’augmentation du soutien de l’UE à l’agriculture, l’agroforesterie et aux pratiques durables ainsi que le soutien aux petites exploitations agricoles ; - le renforcement des systèmes africains d’éducation par l’allocation d’au moins 20% des budgets nationaux africains à ce poste et l’accroissement des contributions de l’UE aux fonds mondiaux pour l’éducation ; - le conditionnement de l’aide au développement à la coopération en matière de migration ; - un dialogue Afrique/UE renforcé en amont de la négociation des pactes mondiaux sur les migrations et les réfugiés à l’ONU, en 2018 ; - une augmentation des contributions des États membres au fonds fiduciaire d'urgence pour l’Afrique et à tous les autres instruments visant à stimuler la croissance durable et la création d’emplois. (Aminata Niang)