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Bulletin Quotidien Europe N° 11880
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ACTION EXTÉRIEURE / Mercosur

UE et Mercosur restent engagés pour un accord de libre-échange malgré des offres révisées jugées insuffisantes

Au lendemain du quatrième round des pourparlers pour un accord de libre-échange entre l'UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), du 2 au 6 octobre à Brasilia, les négociateurs européens restaient « optimistes » quant à la possibilité de réduire les divergences et boucler un accord de principe d'ici fin 2017, a-t-on appris de source proche du dossier à la Commission, lundi 9 octobre.

Nous sommes à un « moment favorable » pour parvenir à un accord politique qui serait ensuite peaufiné, a assuré la source qui, malgré les obstacles, a souligné la forte volonté politique et l'engagement des deux parties dans les pourparlers techniques en vue de sceller l'accord cette année.

Il ya en outre « encore suffisamment de temps » pour réduire l'écart entre les positions des deux parties d'ici à ce qui apparaît déjà comme une date butoir pour les négociateurs, à savoir les élections générales au Brésil les 7 et 28 octobre 2018.

Du côté sud-américain, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Aloysio Nunes Ferreira, a affirmé, le week-end dernier, son « ferme engagement » avec ses homologues du bloc Mercosur pour parvenir à un accord dans les délais fixés, avertissant toutefois, selon les médias locaux, qu'un accord de principe serait retardé « sans une meilleure offre de l'UE » sur le bœuf et l'éthanol.

Dans le cadre de l'échange des offres révisées en matière d'accès au marché pour les biens, les services et les marchés publics intervenu la semaine dernière et malgré l'opposition des secteurs inquiets de ces nouvelles concessions, la Commission a mis dans la balance l'ouverture de contingents tarifaires d’importation de bœuf et d'éthanol à des volumes très proches pour le bœuf et identiques pour l'éthanol à ceux que la Commission avait prévus pour la première offre de mai 2016 (78 000 tonnes de viande bovine et 600 000 tonnes d’éthanol), avant d'y renoncer.

« Nous devions mettre l'offre sur la table, sinon nous aurions perdu notre crédibilité », a fait valoir le négociateur européen, sans donner de précision sur les volumes proposés par l'UE.

Les quotas d'importation tarifaires de bœuf et d'éthanol proposés par l'UE n'ont toutefois pas répondu aux attentes du Mercosur, qui juge ces contingents nettement inférieurs à ceux proposés au début des négociations, en 2004, de 100 000 tonnes de viande bovine et un million de tonnes d'éthanol.

Le Brésil a averti qu'il ne présenterait pas de nouvelle offre tant qu'une meilleure proposition de l'UE sur la viande bovine et l'éthanol ne sera pas sur la table.

Du côté européen, les négociateurs comprennent que leurs partenaires de négociation ne soient « pas enthousiastes » à l'égard de l'offre de l'UE, mais ils ont souligné qu'il s'agissait d'un « effort significatif », compte tenu des sensibilités des agriculteurs européens.

La partie européenne juge, de son côté, l'offre révisée sud-américaine insuffisante en ce qui concerne l'accès aux marchés publics. L'ouverture des marchés publics du Brésil, déjà difficiles d'accès pour ses partenaires du Mercosur, promet d'âpres tractations, fait-elle valoir. (Emmanuel Hagry)

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