Le président du Comité européen des régions, Karl-Heinz Lambertz, a présenté le point de vue des régions et des villes quant à l'état de l’Union européenne devant le président du Conseil européen, Donald Tusk, et a avancé deux demandes : assurer une politique de cohésion forte qui associe toutes les régions et garantir des ressources correspondant à un tiers du futur budget de l’Union européenne. M. Lambertz appelle à la tenue d’un Sommet des villes et régions en 2019.
Ces deux demandes sont celles de l’Alliance pour la cohésion, qui a été lancée la veille (EUROPE 11879). Le président du CdR a rappelé, durant son discours, que l’Union avait un impact de plus en plus grand sur les collectivités locales et régionales et qu'une bonne partie des politiques européennes était mise en œuvre à ce dernier échelon.
M. Lambertz a appelé à la mise en place d’une politique d’une ambition équivalente de celle du Plan Juncker pour le renforcement des investissements privés et le soutien des investissements publics au niveau local et régional. « L’Union européenne souffre d’un déficit de compétitivité dû à des infrastructures vieillissantes et à des investissements insuffisants », a-t-il déclaré, avant de rappeler que la crise économique et financière avait entraîné une réduction moyenne de 15% des investissements.
Aux yeux du président du CdR, l’Europe doit être guidée par deux grands principes : la subsidiarité et le dialogue avec les citoyens européens. Sur le premier principe, M. Lambertz a rappelé son souhait de voir le Comité des régions participer au groupe de travail sur la subsidiarité et la proportionnalité, mis en place par la Commission européenne. Sur le deuxième principe, le président Lambertz a insisté pour intensifier le dialogue sur l’avenir de l’Union européenne dans le cadre des assemblées locales et régionales.
Un Sommet des régions et des villes en 2019. Plus globalement, le président du CdR a souligné le rôle des autorités locales et régionales dans les politiques sociales, environnementales, sécuritaires, mais aussi dans la gestion des catastrophes naturelles. Surtout, le président du Comité des régions a proposé de tenir un Sommet des villes et régions de l’Union européenne au premier trimestre « pour adresser des messages clairs et concrets aux chefs d’État et de gouvernement » qui devraient tenir un Sommet le 30 mars 2019 à Sibiu sous Présidence roumaine du Conseil de l’UE (EUROPE 11861).
Le message porté par le président et les membres qui ont, par la suite, pris la parole a été entendu par le président du Conseil européen, Donald Tusk, présent pour la deuxième fois en 18 mois devant le Comité des régions. Se disant « pragmatique et réaliste », M. Tusk a dit épouser pleinement les positions des élus locaux et régionaux, qui sont « sur le terrain » et non dans « une tour d’ivoire », ajoutant qu'il portera le message à ses « collègues », les chefs d'États ou de gouvernement.
Le Comité des régions s’est vu demander il y a quelques mois par le président du Conseil européen un avis sur l’avenir de l’Union européen. Cet avis, qui devrait être remis l’an prochain, est fondé aussi sur les résultats d'un vaste dialogue mené avec les citoyens européens dans le cadre de la campagne « Reflecting on EU » (EUROPE 11718). (Pascal Hansens)