Le ministre des Affaires étrangères macédonien, Nikola Dimitrov, a appelé, mardi 10 octobre, à une plus franchise entre l’UE et les pays des Balkans occidentaux.
« Pour la région, il est nécessaire d’avoir des perspectives réalistes et concrètes, des réformes sérieuses, visibles et tangibles. On doit assumer la plus grande charge, mais on a besoin de perspectives et d’une plus grande franchise entre les deux parties », a-t-il expliqué à la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Il a donc salué l’« attention renouvelée récemment » de l’UE à la région.
Le ministre a rappelé que l’objectif de son pays était « d’adhérer à l’UE, non pas seulement pour adhérer, mais pour rendre la République de Macédoine plus forte dans la démocratie européenne ». « Il faut penser à mon pays comme un pays d’opportunité et non pas comme un pays de crise », a-t-il souhaité, alors que l’Ancienne République yougoslave de Macédoine sort d’une grave crise politique. « C’est probablement une chance pour l’Europe de montrer que l’on peut casser une dynamique négative et obtenir une dynamique positive. Notre avenir est avec vous, il est grand temps d’accélérer le rythme », a-t-il ajouté. M. Dimitrov a rappelé que son pays a été « enfermé dans une salle d'attente pendant des années », expliquant qu’il ne s’agissait pas d’une « stratégie durable positive à suivre ». Le pays, candidat à l’UE depuis décembre 2005 n’a toujours pas ouvert ses négociations d’adhésion.
« Nous souhaitons rentrer dans l’OTAN et avoir de bonnes relations de voisinage », a rappelé le chef de la diplomatie macédonienne. Il a ainsi mis en avant l’importance de bonnes relations de voisinage. Le pays a entretenu des relations compliquées avec la Bulgarie et entretient de relations toujours difficiles avec la Grèce, notamment en raison de la question de sa dénomination. Il a rappelé que son pays avait signé un accord de bon voisinage avec Sofia et que plusieurs réunions s’étaient aussi tenues avec les Grecs. « Nous sommes pleinement conscients du fait qu’on ne peut pas jouer des coudes pour rentrer sur un mode 'adversaire contre adversaire', on doit discuter, négocier et traiter la Grèce comme un allié pour le futur. (…) Nos amis grecs doivent reconnaître le caractère unique du moment actuel », a-t-il expliqué.
Concernant les réformes, le ministre a fait un inventaire à la Prévert. « Nous voudrions avoir des médias libres, des citoyens éclairés, un pouvoir judiciaire indépendant et libre d’interférence politique, un parlement fonctionnel et contrôlant les pouvoirs de l’exécutif », a-t-il énuméré, rappelant que son gouvernement avait décidé un cadre de réformes en 3, 6 et 9 mois. M. Dimitrov a aussi estimé que le rapport Priebe (EUROPE 11864), allait être utilisé comme une « feuille de route pour une démocratie durable dans le pays ». (Camille-Cerise Gessant)