Le Parlement européen souhaite annuler les baisses de crédits figurant dans la position initiale du Conseil sur le budget 2018, ont indiqué, jeudi 14 septembre, les négociateurs de la commission des budgets.
La commission des budgets du PE votera les 26 et 27 septembre les amendements budgétaires à la position du Conseil pour l’an prochain. Le vote en plénière du PE sur le budget 2018 aura lieu le 25 octobre et la première réunion de conciliation avec le Conseil est programmée le 6 novembre.
Le Conseil avait décidé, en juillet, de réduire de manière assez substantielle le projet de budget tel que proposé par la Commission européenne (EUROPE 11828). Les États membres prévoient, à ce stade, des dépenses totales de 158,9 milliards d'euros en engagements et 144,4 milliards en paiements, soit une hausse respective de +0,6% et +7,4% par rapport au budget 2017.
Le rapporteur sur le budget général 2018, Siegfried Mureşan (PPE, roumain), a indiqué qu’il préparait un ensemble d’amendements de compromis pour que le PE soit prêt à négocier avec le Conseil. « Mais il faudra des demandes réalistes et dégager une majorité large au sein de l’hémicycle », a ajouté le rapporteur. « Nous n’acceptons pas les réductions proposées par le Conseil », a-t-il signalé.
Siegfried Mureşan a esquissé les grandes lignes d’un compromis possible au PE : - en rubrique 1a (croissance), le PE compte annuler les baisses décidées par le Conseil et utiliser la marge disponible (56 millions d’euros) pour renforcer certains crédits (recherche, PME, Erasmus, Cosme…) ; - le PE souhaite renforcer les crédits prévus au titre de l’initiative pour la jeunesse ; - en rubrique 2 (gestion des ressources naturelles), il faudra s’assurer que les agriculteurs disposent de fonds suffisants pour réagir aux crises et augmenter l’aide aux jeunes exploitants (le PE compte garder la marge disponible de 330 millions d’euros) ; - en rubrique 3, il faudra consolider certaines lignes destinées à renforcer la sécurité des citoyens (dont Europol) ; - en rubrique 4, il y a une marge de 230 millions d’euros, mais tout pourrait être remis à plat en cas de poursuite de la facilité en faveur des réfugiés en Turquie. Le PE compte renforcer les crédits au bénéfice du ‘voisinage Sud', sans oublier les pays du voisinage à l'Est. Le rapporteur suggère aussi de réduire certains fonds de préadhésion en faveur de la Turquie, compte tenu de la situation dans le pays et de geler certains crédits. Ceux-ci seraient libérés en cas de progrès dans le respect des droits de l’homme en Turquie.
Daniele Viotti (S&D, italien) a demandé notamment davantage d’ambition à l’endroit de l’emploi des jeunes. José Manuel Fernandes (PPE, portugais), remonté contre les réductions « lamentables » du Conseil, a estimé que ce dernier se coupait les ailes en réduisant une partie des fonds structurels. (Lionel Changeur)