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Bulletin Quotidien Europe N° 11862
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Birmanie

Le Parlement sous-entend qu’il pourrait retirer le Prix Sakharov à Aung San Suu Kyi

Condamnant la situation dans l’État de Rakhine en Birmanie, le Parlement européen a sous-entendu, jeudi 14 septembre, qu’il pourrait retirer le Prix Sakharov à Aung San Suu Kyi, Prix 1990, si celle-ci ne défend pas davantage les droits de la minorité rohingya.

« Le prix est décerné à ceux qui, parmi d’autres critères, défendent les droits de l’homme, protègent les droits des minorités et respectent le droit international », a rappelé le Parlement dans une résolution commune des groupes Verts/ALE, S&D, GUE/NGL, CRE, ADLE et PPE qu’il a adoptée, soulignant la « nécessité d’examiner si le Prix Sakharov pourrait être révoqué en cas de violations de ces critères après l’attribution du prix ».

« Nous avons soutenu ses batailles pendant longtemps, mais là, Aung San Suu Kyi tourne la tête de l’autre côté. Si elle continue, le Parlement devra entamer le processus pour lui retirer le Prix Sakharov », a expliqué le président de la sous-commission des Droits de l’homme du PE, Pier Antonio Panzeri (S&D, italien), lors du débat qui a précédé le vote de la résolution. Pour Younous Omarjee (GUE/NGL, français), Aung San Suu Kyi est « devenue aujourd’hui indigne du prix que nous lui avons donné ».

Dans leur résolution, les députés invitent donc le gouvernement birman, « et notamment Aung San Suu Kyi », à condamner fermement toute incitation à la haine raciale ou religieuse et à lutter contre la discrimination sociale et l’hostilité à l’encontre de la minorité rohingya. Ils rappellent que les autorités ont l’obligation de protéger, sans discrimination, tous les civils contre les abus, d’enquêter sur les graves violations des droits de l’homme et de poursuivre les responsables.

Lors du débat, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a estimé que « la responsabilité des dirigeants du pays, que ce soit des civils ou l’armée, est aujourd’hui immense, car ils ont été - Aung San Suu Kyi en particulier - une source d'inspiration pour le monde démocratique ». « Ils doivent montrer que la démocratie pour laquelle ils se sont battus si fortement peut fonctionner pour tous les habitants de la Birmanie, au-delà des limites ethniques, sociales et religieuses », a-t-elle ajouté.

Face aux centaines de milliers de Rohingyas qui fuient les violences, les députés demandent que les organisations d’aide humanitaire puissent accéder à toutes les zones de conflit et aux personnes déplacées, sans discrimination. Ils invitent la Commission et les États membres à accroître le soutien matériel et financier en faveur des réfugiés.

Les députés demandent aussi à l’UE et aux États membres d’accentuer « considérablement leur pression sur le gouvernement » birman et les forces de sécurité et à jouer un rôle actif « en faveur d’une action immédiate au niveau de l’ONU ». Selon eux, l’UE et ses États membres devraient « indiquer clairement que l’UE est prête à envisager des sanctions punitives ciblées à l’encontre de personnes et d’entités, et à examiner les conséquences, dans le cadre des préférences commerciales accordées à la Birmanie, si les graves violations du droit international devaient continuer en toute impunité ».

Lors du débat, plusieurs députés ont aussi plaidé pour l’annulation de la visite en Birmanie d’une délégation de la commission du commerce international du PE, prévue la semaine prochaine. Le PPE a déjà annoncé qu’il n’y aurait aucun de ses membres au sein de la délégation. (Camille-Cerise Gessant)

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