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Bulletin Quotidien Europe N° 11862
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INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

L'avenir de l'UE, tel que décrit par M. Juncker, suscite un enthousiasme modéré des dirigeants européens 

Plusieurs chefs d'État ou de gouvernement et représentants d'institutions et organes européens ont réagi positivement ou en émettant des doutes au discours sur l’état de l’Union qu'a prononcé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, mercredi 13 septembre (EUROPE 11861).

Le Premier ministre estonien, Jüri Ratas, a estimé que les propositions de M. Juncker coïncident avec les priorités de la Présidence estonienne du Conseil de l’UE, et il a poliment salué « l’honnête discussion » qui s’est déroulée dans l’hémicycle de Strasbourg. L’actuel président du Conseil européen, Donald Tusk, a salué un discours qui se concentre sur l’unité et la résolution des vrais problèmes, à savoir la migration, la sécurité et l’économie.

L'idée de M. Juncker, de fusionner les postes de président de la Commission et du Conseil européen, a, en revanche, suscité des réactions moins enthousiastes. « Ne mélangeons pas les rôles et les compétences », a indiqué via Twitter le Premier ministre danois, Lars Løkke Rasmussen, soulignant que le président du Conseil européen est le porte-parole indispensable des États Membres. Une opinion partagée par le Premier ministre néerlandais en exercice, Mark Rutte. Celui-ci s'est également opposé à l’idée d’un ministre européen des finances, allant jusqu’à qualifier M. Juncker de « romantique ».

Le souhait de l'ancien Premier ministre luxembourgeois de voir un maximum de pays de l’UE rejoindre l'Eurozone, via la création d'un instrument de pré-adhésion à l’euro, est encore loin de faire l’unanimité. Au micro de la radio publique Ö1, jeudi 14 septembre, le chancelier autrichien Christian Kern s’est fermement opposé à cette idée, considérant ce concept comme « irréfléchi ». « La zone euro et l'espace Schengen sont ouverts à tous ceux qui remplissent les critères. Si ces critères ne sont pas remplis, rien n'est possible. Nous devons éviter qu'une situation à la grecque se reproduise », a-t-il déclaré.

Même constat du côté du ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, qui a aussi souligné que tous les critères devaient être remplis avant d’entrer dans la zone euro, lors d'une intervention à la radio ARD.

Quant à la Hongrie, elle a réaffirmé sans surprise son opposition à tout transfert supplémentaire de compétences à l’UE. « Je ne partage définitivement pas l’approche (...) selon laquelle moins il y a de souveraineté au niveau des États membres, plus l’UE sera forte. Je pense que c’est une impasse » a déclaré Peter Szijjártó, le ministre des Affaires étrangères hongrois, mercredi à Reuters.

Le discours sur l'égalité entre États plaît à l’Est

Les pays d'Europe centrale et orientale se sont montrés sensibles aux propos de M. Juncker sur l'égalité entre États membres. « L'Europe de l'égalité suppose en effet l'égalité entre ses membres, grands ou petits, de l'Est comme de l'Ouest », avait rappelé ce dernier devant le Parlement européen, souhaitant par exemple la fin des doubles standards dans la qualité des denrées alimentaires dans l'UE.

Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, a salué le soutien apporté par le président de la Commission à la cohésion entre États membres de l’Est et de l’Ouest. Son homologue bulgare, Boïko Borissov, a apprécié le fait que M. Juncker requiert une adhésion immédiate de la Bulgarie et de la Roumanie à l'Espace Schengen.

De nombreux gouvernements, tels que la Slovénie ou l’Espagne, ont également salué les propos du président de la Commission sur l'État de droit, rappelant que le respect des normes démocratiques dans l'UE n'était pas une option mais une obligation. En revanche, pour le secrétaire d’État polonais aux Affaires européennes, Konrad Szymański, l'« incompréhension sur la question de l’État de droit continue », a rapporté l'agence PAP. « Le différend ne concerne pas le principe même de l’état de droit mais son interprétation. La Commission fait semblant de ne pas comprendre ça », a-t-il ajouté.

Le volet 'Transparence' salué par le Médiateur européen

Le Médiateur européen, Madame Emily O’Reilly, a salué, dans un communiqué, le nouveau code de conduite pour les commissaires, notamment l’extension du délai de viduité ('cooling off period') et la publication d’informations sur les frais de déplacement ainsi que la publication des avis du Comité éthique indépendant sur les postes occupés par les commissaires après leur mandat – mesures qu’elle avait, par le passé, appelé de ses vœux.

« Les hommes politiques et fonctionnaires de l'UE doivent se conformer aux plus hautes normes de transparence et d'éthique. Il est important que le public constate que le système de ‘checks and balances’ de la Commission fonctionne », a-t-elle indiqué.

Accueil chaleureux des régions européennes

Les organisations représentant les régions et les communes en Europe ont salué unanimement la volonté du président Juncker de créer un groupe de travail chargé de contrôler le respect des questions de subsidiarité et proportionnalité.

Au nom du Comité des régions, Karl-Heinz Lambertz, a chaleureusement accueilli le discours, convaincu que les régions constituent « les vents favorables » cités par le président de la Commission. À ses yeux, l’UE ne peut que progresser en travaillant plus étroitement avec les régions et villes dans le cadre de leurs compétences respectives. Le président du CdR a insisté pour que les régions soient impliquées dans ladite task force.

Même son de cloche du côté du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), où la directrice Angelika Poth-Mögele, a jugé la mesure « utile et pertinente » pour améliorer la législation européenne et la gouvernance européenne.

La Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CPRM) s’est, en revanche, montrée plus critique. Elle a regretté que, dans son discours, M. Juncker n’ait pas reconnu la nécessité d’une Europe « recentrée » sur la cohésion sociale, économique et territoriale. « C’est au niveau régional et local que les solutions seront trouvées et que la vision du Président Juncker pourra effectivement être concrétisée », a-t-elle indiqué dans un communiqué. (Marion Fontana avec Pascal Hansens)

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