La Commission européenne a annoncé, mardi 18 juillet, le lancement d’ici fin 2017 de deux projets pilotes dans le cadre des stratégies de spécialisation intelligentes. Objectif : renforcer l’innovation dans les régions moins développées et celles en transition industrielle et encourager les investissements interrégionaux en matière d’innovation. Le but sous-jacent de cette initiative consiste à tracer des pistes pour la future politique de cohésion après 2020.
Ces deux projets visent à soutenir les régions, leur compétitivité et leur résilience face à la mondialisation, ont expliqué les commissaires Jyrki Katainen (Emploi et Croissance) et Corina Creţu (Politique régionale), en conférence de presse. Surtout, ces deux projets pilotes alimenteront les réflexions pour la future politique de cohésion, comme l’a confirmé à EUROPE M. Katainen. Celui-ci a dit considérer notamment ces stratégies comme « une partie » de la solution pour faire face aux vraisemblables coupes budgétaires à venir.
Ainsi, la première action destinée aux régions les moins développées ou en transition devrait être opérationnelle d’ici la fin 2017. Ce projet devrait impliquer un nombre limité de régions triées sur le volet, et qui auront au préalable exprimé leur volonté de travailler sur la transition industrielle dans le cadre des stratégies de spécialisation.
L’objectif, explique la Commission dans une communication publiée le même jour, est de faciliter, en proposant une aide adaptée, le recours combiné à des instruments/programmes communautaires ainsi qu'à la politique de cohésion, afin de renforcer l’innovation et de former la main d’œuvre aux changements industriels et sociétaux.
La sélection des régions candidates se fera en septembre 2017 et des groupes de soutien régionaux dédiés seront créés début 2018 au sein de l'institution européenne. Le suivi se fera notamment avec l’observatoire européen des clusters et du changement industriel de l’Agence exécutive pour les PME (EASME). La Commission avait lancé deux initiatives pilotes pour soutenir de manière personnalisée des régions polonaises ‘en retard' (EUROPE 11799).
Partenariats thématiques interrégionaux
La deuxième initiative vise à initier des partenariats thématiques et interrégionaux dans un nombre limité de régions tests dans le domaine de l’innovation. La Commission cherche notamment à amplifier les projets d’innovation interrégionaux pour développer la chaîne d’évaluation européenne via une aide technique adaptée.
Pour ce faire, la Commission européenne veut passer par les plateformes de spécialisation intelligente thématiques déjà en place, à savoir : - la plateforme de modernisation industrielle (dédiée à l’industrie durable, la bioéconomie, l’impression 3D, les technologies médicales, le textile innovant, l’industrie 4.0, le sport, et les nanoproduits) ; - la plateforme Énergie (bioénergie, énergie renouvelable marine, réseaux intelligents, énergie solaire, bâtiments durables) ; - enfin, la plateforme pour l’agroalimentaire.
Ces plateformes serviraient de coordination de ces partenariats et apporteraient une aide additionnelle aux régions, nous a expliqué une source, pour laquelle il ne serait pas exclu de créer de nouvelles plateformes à l'avenir selon les besoins. Ici, l’institution européenne envisage cinq à dix partenariats thématiques.
Ces deux projets seront financés sur les fonds alloués à l’aide technique prévus dans le fonds européen de développement régional (FEDER) à hauteur respectivement d'1 million d’euros. La Commission explique dans un document annexe à la communication que l’objectif est de tirer des leçons pour le prochain cadre financier pluriannuel post-2020.
Les stratégies de spécialisation intelligente ont le vent en poupe à la Commission européenne, nous a confié une autre source proche du dossier. En particulier, au sein du cabinet du vice-président Katainen, on y voit une manière de rationaliser et d'augmenter l’efficacité des fonds structurels et d'investissements. (Pascal Hansens)