La Présidence estonienne du Conseil de l'UE poursuit sur sa lancée: elle ouvrira la réunion informelle des ministres européenne de la Santé, jeudi 20 juillet, par une discussion sur la libre circulation des données. Le lendemain, les Vingt-huit seront invités à discuter de la politique européenne en matière de lutte contre l'excès d’alcool.
La Commission européenne prépare actuellement une initiative législative sur la libre circulation des données (voir autre nouvelle). À plusieurs reprises, elle a indiqué qu’elle pourrait envisager des dérogations à ce principe dans certains domaines, y compris celui de la santé publique, à condition qu’elles soient proportionnées.
La discussion pourrait donc aborder ces restrictions ainsi que recenser les bons exemples à travers l’UE. Trois présentations ministérielles sont attendues: une présentation générale par l’Autriche, une autre sur la responsabilité du patient et l’accès aux données par les Pays-Bas et une dernière sur l’application, en Hongrie, des mégadonnées à la planification sanitaire.
Alcool. Le lendemain, les ministres de la Santé aborderont l’action de l’Union européenne en matière d’alcool. Ils seront invités à identifier les défis et les risques, ainsi qu’à déterminer quelles seront les prochaines mesures à prendre au niveau européen pour résoudre les questions transfrontalières liées à l'alcool. Ils devraient très certainement évoquer l’absence de réponse de la Commission européenne à leur appel de 2015 en faveur d’une stratégie renouvelée en matière d’alcool.
Devrait également être évoqué l’appel lancé par la Commission européenne à l’industrie, en 2017, pour que celle-ci généralise la mention des ingrédients et des informations nutritionnelles sur toutes les boissons alcoolisées. Un représentant du bureau régional pour l’Europe de l’Organisation mondiale de la santé, Gauden Galea, participera à la réunion.
Les ministres du 'trio des présidences du Conseil de l'UE' (Estonie, Bulgarie et Autriche) signeront également, mercredi en fin de journée, une déclaration sur l'égalité de genre qui fixera leur action en la matière pour les dix-huit prochains mois.
Équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Les ministres seront invités aussi à se pencher, mercredi, sur l’initiative récemment présentée par la Commission concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée (EUROPE 11775). Deux sessions seront consacrées à cette question. La première portera sur l’analyse selon les différents modèles familiaux (classiques, non traditionnels et avec des adaptations professionnelles). Ici, la présidence estonienne compte faire le point des mesures en place dans les différents États membres et se concentrera sur les adaptations en fonction des types familiaux et de travail. Elle cherchera à déterminer par ailleurs si des mesures supplémentaires sont nécessaires.
La deuxième session, intitulée ‘Qui a besoin d’une vie professionnelle équilibrée ?’ (‘Who needs work-life balance’), portera notamment sur les discriminations liées au genre. Ici, la présidence du Conseil essaiera de déterminer quels sont les groupes de travailleurs qui nécessitent des flexibilités supplémentaires en matière d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Elle se concentrera aussi sur les dispositifs liés au congé parental et leur adéquation avec les évolutions sociétales, par exemple l'essor des couples mariés entre personnes de même sexe et des familles recomposées. Surtout, la présidence estonienne réfléchira avec les États membres à la manière de concilier les besoins des travailleurs et ceux des employeurs. (Sophie Petitjean et Pascal Hansens)