Le ministre turc des Affaires européennes, Ömer Çelik, a estimé, mardi 18 juillet, que si la Turquie avait la responsabilité d'aller de l'avant dans les relations avec l’UE, l’UE avait cette même responsabilité.
« L’UE a aussi la responsabilité de nourrir ces relations, nous voulons une attitude sincère pour répondre à nos attitudes sincères », a-t-il expliqué devant le Conseil consultatif mixte UE-Turquie du Comité économique et social européen, réuni à Bruxelles.
Le ministre a rappelé que l’objectif final de son pays était l’adhésion à l’UE. « Notre objectif est de devenir membre à part entière. Toute autre forme de coopération ne nous intéresse pas, nous ne sommes pas prêts à accepter autre chose, donc les négociations sont la base même des discussions entre l’UE et la Turquie », a expliqué M. Çelik. Il a appelé l’UE à « réexaminer sa position par rapport aux négociations d’adhésion de la Turquie ».
Une nouvelle fois le ministre a appelé à l’ouverture des chapitres de négociation 23 (appareil judiciaire et droits fondamentaux) et 24 (liberté, sécurité, justice), bloqués par la République de Chypre. « L’UE a beaucoup critiqué la Turquie au sujet de la liberté de la presse et des droits fondamentaux. Nous sommes pleins de bonne volonté pour coopérer, mais pour le faire il faut ouvrir les chapitres 23 et 24. Si on ne voulait pas que les droits fondamentaux ou l’impartialité de la justice soient abordés, pourquoi demander que ces chapitres soient ouverts », a-t-il souligné. « Il serait injuste que l’UE ne le fasse pas et continue à critiquer la Turquie jour et nuit », a-t-il ajouté. Actuellement, 16 chapitres sont ouverts et un provisoirement clos et 14 sont bloqués par le Conseil ou par Chypre.
Il a aussi expliqué que la modernisation de l’Union douanière, qui est « un impératif », allait de pair avec les négociations d’adhésion et n’était pas « une option alternative à l’adhésion ». M. Çelik a souhaité recevoir des « véritables garanties pour permettre à (ses) citoyens de voyager librement ». « Certains pays qui ne sont pas candidats ont bénéficié d’un régime sans visa, alors que la Turquie est toujours confrontée à des obstacles : c’est inacceptable », a-t-il ajouté.
Au nom de la Commission, le vice-directeur général de la DG Politique de voisinage et Négociations d'élargissement, Maciej Popowski, a estimé que « l’UE et la Turquie avaient plus que jamais besoin l’une de l’autre » pour faire face aux défis du terrorisme, de la migration ou de la situation mondiale.
De son côté, le président du CESE, Georges Dassis, a rappelé que « la situation en Turquie n’était pas réjouissante concernant le respect des droits fondamentaux ». « Certains actes en Turquie à la suite de la tentative de coup d’État vont à l’encontre des valeurs fondamentales partagées par l’UE. Les principes comme la séparation des pouvoirs, le respect des libertés fondamentales, la présomption d’innocence ou l’indépendance des médias sont des valeurs fondatrices de l’UE et sont indispensables pour faire vivre des valeurs telles que la démocratie et les droits de l’homme », a-t-il expliqué. Il a cependant espéré que les négociations d’adhésion puissent « reprendre le plus vite possible ». « On espère que l’on reverra une Turquie tout à fait démocratique, ouverte sur l’avenir et respectueuse de toutes les libertés, de l’État de droit et de la séparation des pouvoirs », a-t-il conclu. (Camille-Cerise Gessant)