Le maire d’Alep-Est, M. Brita Hagi Hasan, est venu pousser un dernier cri de désespoir, jeudi 15 décembre, à l’occasion du sommet européen, afin de demander à tous les chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne de sauver les derniers survivants d'Alep qui peuvent encore échapper à la mort.
Les journalistes sont dans un premier temps allés au rond-point Schuman à la rencontre de M. Hasan, qui ne pouvait alors pas entrer dans le périmètre de sécurité mis en place autour du Conseil européen. « La communauté internationale et le Conseil de sécurité ont complètement échoué. J’espère vraiment que tous les chefs d’État vont accepter de me recevoir à l’occasion de ce sommet. », a-t-il déclaré.
Près de 50 000 civils se trouvent encore bloqués dans la ville d’Alep. Parmi les 6 000 civils qui sont blessés, plus de 800 se trouvent dans un état critique et doivent être évacués de toute urgence. « Si vous ne nous aidez pas, tous ces civils seront les victimes d’un massacre général ! », s’est insurgé le maire. Pour M. Hasan, les mots ne suffisent plus de la part de l’UE : « Nous ne demandons pas à l’Europe d’entrer en guerre, surtout pas ! Nous vous demandons de sécuriser les corridors pour évacuer nos civils et d'envoyer des observateurs pour constater les atrocités ».
L’UE devrait-elle sanctionner la Russie ?
« Vous devez avant tout punir Bachar el-Assad. La Russie n’aura ensuite plus aucune légitimité pour intervenir en Syrie », a déclaré M. Hasan. Le maire a également confié qu’aucune balle de l’armée syrienne n’aurait été tirée contre Daech. Les seuls à avoir combattu le terrorisme seraient les insurgés, dont fait partie M. Hasan. « Daech est la créature du régime el-Assad ! Il est le leader du terrorisme en Syrie ! », a-t-il affirmé.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, s’est ensuite entretenu, jeudi 15 décembre sur le coup de midi, avec le maire d’Alep. Ils ont ensuite, notamment à la demande du président français, François Hollande, rejoint l’ensemble des chefs d’État au déjeuner, dans le but de faire passer un message fort et clair : « Je ne vous demande pas de sauver nos rues et nos murs, c'est fini. Je ne vous demande pas de faire revenir les vies perdues, c'est fini. Je ne vous demande pas de sauver la liberté, c'est fini. Mais je vous demande une dernière chose. Je vous demande encore de sauver ce qui reste de nos vies, nos femmes et nos enfants, en ouvrant un corridor. », a insisté M. Hasan. (Thomas Régnier, stagiaire)