À part le groupe libéral, les principaux groupes politiques du Parlement européen ont officiellement nommé leur candidat à la succession du social-démocrate allemand, Martin Schulz, en vue des élections qui auront lieu mardi 17 janvier 2017 à Strasbourg lors de la prochaine session plénière.
Dernier en date, le groupe Verts/ALE a choisi la Britannique Jean Lambert qui était en concurrence avec l'Allemande Rebecca Harms, jeudi 15 décembre lors d'une réunion extraordinaire. Cette décision en a surpris plus d'un même au sein de cette famille politique. Le coprésident du groupe, le Belge Philippe Lamberts, avait pourtant annoncé mardi l'intention des élus Verts/ALE de ne présenter aucun candidat (EUROPE 11688). Les écologistes ont finalement décidé de se lancer dans la course notamment pour 'féminiser' davantage la campagne.
Mardi, le groupe PPE avait choisi un homme, l'Italien Antonio Tajani, qui a été préféré à l'Irlandaise Mairead McGuinness (EUROPE 11689). Certains interprètent le choix porté sur un élu du Sud de l'Europe comme une main tendue aux sociaux-démocrates, dont la délégation la plus importante est italienne, notamment après l'appel à l'unité qu'a lancé en début de semaine le président du groupe PPE, l'Allemand Manfred Weber.
Le président du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt, n'est pas encore officiellement candidat, mais il est la personnalité que sa famille politique au PE souhaite mettre en avant. Désireuse de susciter le débat au sein du groupe, la libérale française Sylvie Goulard l'a appris à ses dépens. D'après plusieurs sources, l'ancien Premier ministre belge, dont la personnalité est controversée jusqu'au sein même de son groupe, officialisera sa candidature uniquement s'il est certain d'être élu. Or, les libéraux n'étant que la quatrième formation politique du PE, il devra obtenir le soutien de groupes pourvoyeurs d'un plus grand nombre de voix.
Jeudi, M. Verhoftstadt a reçu le soutien du Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, et du président du parti ADLE, le Néerlandais Hans van Baalen. « Le PE est une institution honorable qui mérite d'être présidée par une personnalité qui combine une vision avec une grande expérience et une capacité à jeter des ponts au-delà des divisions politiques. Avec Guy Verhofstadt, nous avons un excellent candidat doté de ces qualités », ont-ils déclaré à l'issue de la réunion des leaders libéraux ayant précédé le Conseil européen.
Deuxième force du PE, le groupe S&D a choisi son président, l'Italien Gianni Pittella, pour mener campagne, rompant ainsi avec l'accord informel préalable marqué par les chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates au début de la législature et selon lequel les deux principaux groupes du PE se partagent la présidence du PE. Cette décision pourrait à moyen terme laisser des traces dans les négociations intergroupes sur des dossiers législatifs sensibles.
Enfin, la Belge Helga Stevens défendra les couleurs du groupe CRE eurosceptique. L'Italienne Eleonora Forenza est la candidate du groupe GUE/NGL. (Mathieu Bion avec Pascal Hansens)