La Commission européenne devrait respecter la législation européenne en réintroduisant temporairement les obligations de visa pour les citoyens américains, afin d’encourager Washington à octroyer un accès sans visa aux ressortissants de tous les pays de l’UE, a estimé, mercredi 14 décembre à Strasbourg, une majorité d’eurodéputés, dans un débat consacré à la question de la réciprocité des visas.
C’est ce qu’a notamment affirmé le PPE, dont le porte-parole sur ce dossier, Agustin Diaz de Mera (espagnol), a demandé à la Commission européenne d’appliquer strictement la loi. Le règlement sur les visas de 2001 donnait en effet un ultimatum à la Commission au 12 avril dernier de réimposer des visas aux citoyens de pays tiers ne respectant pas la réciprocité en matière de visas. Mais la Commission avait estimé à cette date qu’une suspension du régime d'exemption de visas, notamment vis-à-vis des États-Unis, qui appliquent des restrictions aux Polonais, aux Roumains, aux Bulgares, aux Chypriotes et aux Croates, serait contre-productive et dommageable aux intérêts de l'UE (EUROPE 11530).
Mercredi, le commissaire européen en charge du dossier, Dimitris Avramopoulos, a confirmé qu’aucune avancée n’avait été enregistrée avec les États-Unis, à la différence du Canada qui lèvera ses exigences de visas fin 2017 pour les ressortissants bulgares et roumains.
Mais le commissaire a rappelé le coût économique pour l’UE, notamment en termes d’emplois dans le secteur du tourisme. M. Avramopoulos a promis de reprendre les discussions avec l’administration Trump, qui inquiète en revanche le socialiste Juan Fernando Lopez Aguilar. Pour l’eurodéputé espagnol, la situation ne va certainement pas s’améliorer avec Donald Trump. Le droit doit donc être appliqué. Pour le président de la commission des libertés civiles au PE, Claude Moraes (S&D, britannique), c’est aussi « une question de principe ». (Solenn Paulic)