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Bulletin Quotidien Europe N° 11690
CONSEIL EUROPÉEN / Syrie

Les dirigeants européens veulent faire entendre leur voix sur le front humanitaire

Au lendemain de la célébration de la victoire militaire d’Alep par Bachar el-Assad et à la veille d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’Onu prévue, ce vendredi, à la demande de la France, les dirigeants des Vingt-huit ont exprimé, jeudi 15 décembre à Bruxelles, leur volonté de faire entendre leur voix sur le front humanitaire.

Les conclusions qu’ils ont adoptées reflètent la situation sur le terrain et la volonté de l’Union européenne de se concentrer sur ses missions : l’aide humanitaire et la diplomatie. Le Président du Conseil européen, Donald Tusk, l’a souligné en rappelant que l’UE n’avait pas de compétence militaire.

« Face à la brutalité du régime syrien et de leurs alliés, la Russie et l’Iran, notre action n’a pas été efficace, mais nous sommes sensibles à la souffrance des populations et utiliserons tous les canaux diplomatiques pour obtenir l’ouverture immédiate de corridors humanitaires », a déclaré M. Tusk, en écho au témoignage du président du conseil local d’Alep-Est, Brita Hagi Hasan, qu’il avait invité à présenter la situation humanitaire alarmante de 50 000 civils encore dans les décombres d'Alep-Est (voir autre nouvelle).

Dans ses conclusions, le Conseil européen appelle à la cessation immédiate des hostilités en Syrie et lance un appel urgent au régime syrien et à ses alliés pour permettre: - l’évacuation en toute sécurité et dans la dignité des habitants d’Alep-Est sous la supervision et la coordination de l’ONU; - l’accès immédiat et sans entrave à l’aide humanitaire et la protection de tous les habitants pour être en mesure de leur fournir des produits de première nécessité et l’aide médicale urgente dont ils ont besoin; - la protection pour l’ensemble du personnel médical et des infrastructures de santé; - le plein respect du droit humanitaire à Alep-Est comme dans l’ensemble du pays et en particulier dans les zones assiégées. L’Union européenne, premier fournisseur d’aide humanitaire à la population syrienne continuera son effort humanitaire.

Devant la presse, le président français, François Hollande, a chargé la Russie dans l’écrasement de la rébellion, mais s’est voulu confiant dans la responsabilité qui, selon lui, incombe à cet allié de la Syrie, de contribuer à une solution humanitaire sous l'égide de l'ONU. « Comment la Russie peut-elle mettre son véto à une résolution qui a un objectif humanitaire? Je ne l'imagine même pas », a-t-il dit. Selon lui, « la responsabilité de la Russie est de respecter les principes que le Conseil européen et d’autres organisations ont proclamés et qui doivent être absolument mis en œuvre. Il  y a aussi une solution politique qui doit prévaloir ».

« Nous savons qu’il y a beaucoup de civils. Nous savons à quel point notre responsabilité est engagée », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel, évoquant « une situation qui brise le cœur et fait honte ». Elle a souligné que les attaques menées contre les civils et les hôpitaux constituent « des crimes qui devront être punis ». Les conclusions du Conseil européen parlent même de « crimes de guerre ».

Comme prévu, le texte des conclusions ne fait aucune mention de sanctions contre la Russie, faute d'unité entre les États membres (EUROPE 11689). « Nous n’en avons pas parlé », a affirmé Donald Tusk. Le nouveau Président du Conseil italien, Paolo Gentiloni, quant à lui, a indiqué que la proposition était sur la table, mais que, selon lui, c’eut été une erreur de considérer l'hypothèse de sanctions à l'encontre de la Russie, en réponse au drame humanitaire d'Alep. (Aminata Niang avec Sophie Petitjean, Emmanuel Hagry, Mathieu Bion)

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