L’Eurogroupe sera vraisemblablement invité, lundi 10 octobre à Luxembourg, à approuver le versement de la sous-tranche d’aide de 2,8 milliards d’euros prévue dans le cadre de la 1ère mission de suivi du 3ème plan de sauvetage grec, après s’être assuré que les 15 actions préalables requises ont été accomplies par le gouvernement grec.
« Je m'attends à ce que le déboursement soit autorisé sur le plan politique », a déclaré un haut fonctionnaire européen, vendredi 30 septembre.
La veille au soir, les directeurs du Trésor nationaux avaient constaté que le gouvernement grec avait accompli douze mesures préalables sur les quinze requises avant le déboursement de la sous-tranche. Les autorités grecques sont optimistes quant à leur capacité de finaliser les travaux « en début de semaine prochaine », a indiqué ce haut fonctionnaire. « Je ne vois pas de question politiquement chargées », a confié une source diplomatique d'un État membre.
Les mesures à prendre d’ici à l’Eurogroupe concernent la libéralisation du secteur aérien, la mise en place des structures de gouvernance du fonds de privatisation censé valoriser des actifs grecs ainsi que la taxation applicable aux énergies renouvelables.
Coup d'envoi à la 2ème mission de suivi
Le versement de la sous-tranche de 2,8 milliards d'euros mettra un terme définitif à la première mission de suivi du plan de sauvetage grec doté de 86 milliards d’euros du Mécanisme européen de stabilité. La Grèce aura reçu dans ce cadre une tranche de 10,3 milliards d’euros (EUROPE 11575).
Débutera ensuite la 2ème mission de suivi du plan de sauvetage grec. Parmi les mesures qui sont demandées à la Grèce figure une réforme épineuse du marché du travail et la question des conventions collectives mises à mal lors des précédents plans de sauvetage.
Se poursuivront en parallèle les discussions sur l’allègement de la dette publique grecque qui devrait culminer à plus de 182% du PIB fin 2016. Ces discussions se baseront sur les mesures en trois phases sur lesquelles l’Eurogroupe et la Grèce ont marqué un accord au printemps, sans franchir toutefois la ligne rouge d’une décote sur les titres détenus (EUROPE 11557).
Les mesures les plus immédiates et les moins substantielles ne nécessitent pas l’approbation de parlements nationaux. Le MES, qui est le premier détenteur de dette grecque, peaufine ces mesures dont certaines touchent aux taux d’intérêt. Objectif : finaliser ces mesures afin que le FMI les intègre dans son analyse sur la viabilité de la dette grecque, sur la base de laquelle il décidera avant fin 2016 s’il participe financièrement au 3ème plan d’aide grec. Avant de s'impliquer, le FMI réclame des mesures fortes pour alléger la dette grecque, ce à quoi les pays de la zone euro - l'Allemagne en tête - rechignent, tout en jugeant indispensable la participation de l'organisation financière internationale au plan grec.
Mardi, le Parlement européen débattra de la situation macroéconomique en Grèce et la poursuite de la mise en œuvre du programme d’aide. Après une nouvelle année de récession, Athènes prévoit de renouer avec une croissance forte à l'avenir (2,7% du PIB en 2017). La question de la dette grecque sera aussi un des points discutés en marge des réunions d'automne du FMI et de la Banque mondiale. (Mathieu Bion)