Bruxelles, 26/05/2016 (Agence Europe) - Le député européen français Gilles Pargneaux (S&D), vice-président de la délégation pour les relations du PE avec les pays du Mashrek, se référant à la conférence internationale ministérielle sur le Proche-Orient organisée par la France, qui aura lieu le 3 juin à Paris, a estimé, mercredi 25 mai, que « pour être efficace, l'initiative française ne doit pas être que française mais européenne ».
« Seule une action européenne nous fournira la légitimité nécessaire », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse au Parlement européen, précisant qu'il avait déjà ou allait rencontrer respectivement le président du Parlement européen, Martin Schulz, le secrétaire général du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), Alain Le Roy, et l'envoyé spécial français Pierre Vimont. « L'UE a aujourd'hui une opportunité en or pour se lancer dans le processus de réconciliation et pour faire avancer le processus », a expliqué le professeur à la New York University, Alon Ben-Meir, qui a publié un rapport pour assurer le succès de l'initiative française pour relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes et qui était présent à la conférence de presse. Il a ajouté que les États-Unis ne pouvaient rien faire en raison des élections présidentielles à venir alors que M. Pargneaux a rappelé que la situation dans la région faisait de la résolution du conflit israélo-palestinien une urgence.
MM. Pargneaux et Ben-Meir ont estimé que la base pour les négociations de paix devait être l'initiative arabe de paix de 2002. Selon eux, le Quartet (États-Unis, Russie, ONU, UE) ne doit pas diriger le processus, mais être intégré à l'initiative de paix arabe. Le Quartet « doit être mis de côté, il n'a jamais rapproché les gens », a jugé M. Ben-Meir. Il a d'ailleurs expliqué que la priorité devait être donnée aux contacts entre les peuples israélien et palestinien, soulignant que les dirigeants des deux côtés étaient un obstacle à la paix. Ainsi, pour M. Ben-Meir l'initiative française devrait, non pas demander aux gouvernements israélien et palestinien de s'asseoir et de négocier, mais leur demander de montrer leur engagement en prenant des mesures sur le terrain. « Que les Israéliens ne voient plus les Palestiniens comme des terroristes, mais comme des êtres vivants, et que les Palestiniens ne voient plus les Israéliens comme des soldats avec un pistolet, mais comme des êtres vivants », a-t-il expliqué. « La coexistence n'est pas une option », a également rappelé le professeur. (Camille-Cerise Gessant)