Bruxelles, 26/05/2016 (Agence Europe) - Alors que le Liban est entré, mercredi 25 mai, dans sa troisième année sans président, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a exhorté, le 26 mai, les parties à se mettre d'accord au plus vite pour l'élection d'un président. Le Parlement a échoué à 39 reprises à élire un nouveau président depuis mai 2014.
« L'UE exhorte à nouveau les forces politiques libanaises et toutes les parties prenantes à mettre les intérêts partisans et individuels de côté et à trouver un compromis viable pour élire un président rapidement », a souligné Mme Mogherini, dans un communiqué publié au nom de l'UE. Au Liban, la présidence du Parlement revient à un chiite, le poste de Premier ministre à un sunnite, et la Présidence de la République à un chrétien maronite. Saluant la tenue des élections municipales le 16 mai, la Haute Représentante a aussi appelé toutes les parties à créer les conditions pour la tenue d'élections parlementaires. Les dernières élections législatives remontent à 2009, celles de 2013 n'ayant pas eu lieu. Les parlementaires ont depuis, à plusieurs reprises, étendu leur mandat de 4 ans, mandat qui court désormais jusqu'en 2017. Mais le président du Parlement a proposé, le 19 mai, d'organiser des élections anticipées, proposition qui devrait être examinée fin juin par la Chambre.
« Le dialogue national et d'autres efforts de médiation sont des initiatives louables pour assurer la communication entre les forces politiques et prévenir une détérioration du climat politique », a estimé Mme Mogherini. « Le Liban reste un exemple de liberté, diversité et tolérance pour la région, mais la crise politique prolongée ne peut qu'affaiblir davantage le pays et ses institutions » face aux nombreux défis qui touchent le pays, a ajouté la chef de la diplomatie, soulignant aussi que l'UE était « pleinement consciente des défis supplémentaires que la crise des réfugiés pose à la stabilité du Liban ».
Mme Mogherini a également rappelé que l'UE soutenait les efforts du gouvernement libanais « dans des circonstances difficiles pour faire en sorte que les questions de dissidence ne gênent pas complètement le fonctionnement des institutions libanaises et ne compromettent pas la livraison de l'aide internationale » et salué le travail des Forces armées libanaises pour la sûreté et la sécurité du pays. (Camille-Cerise Gessant)