Bruxelles, 16/11/2015 (Agence Europe) - L'UE condamne fermement toutes les violations des droits de l'homme ainsi que les actes de violence au Burundi, a souligné le Conseil de l'UE, lundi 16 novembre (EUROPE 11430).
Les conclusions adoptées, sans débat, par les ministres des Affaires étrangères expriment la préoccupation croissante de l'UE face à la spirale de violences dans le pays, en particulier les appels à la haine. « Tout discours incendiaire et appel à la haine risquent d'aggraver une situation déjà précaire et sont tout à fait inacceptables » affirme l'UE qui redoute « des conséquences tragiques pour le Burundi et pour la région tout entière ».
Déplorant « l'impasse politique persistante marquée par le refus d'un réel dialogue entre les acteurs burundais et par la violence », l'UE appelle toutes les parties à « faire preuve de la plus grande retenue de langage et à éviter à tout prix d'enclencher un cycle de violence ». L'UE rappelle que « seuls le dialogue et la recherche du consensus dans le respect de l'accord d'Arusha et de la constitution du Burundi permettront de trouver une solution politique durable dans l'intérêt de tous les Burundais ». C'est dans cet esprit que les ministres ont invité les autorités burundaises à des consultations politiques au titre de l'article 96 de l'Accord de Cotonou, lesquelles devraient avoir lieu à Bruxelles « le plus tôt possible », probablement début décembre.
L'UE « se réserve la possibilité d'adopter de nouvelles sanctions ciblées à l'encontre de ceux dont l'action ou le discours auraient conduit ou conduiraient à des actes de violence et de répression, à de graves violations des droits de l'homme et/ou entraveraient la recherche d'une solution politique dans le cadre proposé par l'Union africaine » (EUROPE 11401). L'UE salue la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui ouvre la porte au déploiement éventuel de casques bleus. Elle se félicite de l'appel lancé au gouvernement à « respecter, protéger et garantir les droits de l'homme et de libertés fondamentales et à respecter l'État de droit, et de la volonté des Nations unies de disposer d'une planification commune avec l'UA en cas d'urgence afin que la communauté internationale puisse réagir à toute nouvelle dégradation de la situation ». (Aminata Niang)