Bruxelles, 16/11/2015 (Agence Europe) - Lors du Conseil Agriculture de lundi 16 novembre, à Bruxelles, la Commission européenne a indiqué que l'aide au stockage privé pour la viande porcine serait votée le 1er décembre et d'application à compter du 1er janvier 2016.
Par ailleurs, plusieurs pays ont estimé que les mesures prises par la Commission en octobre pour
soutenir les secteurs en crise (paquet de 500 millions d'euros) n'ont pas encore eu les effets escomptés, notamment dans le secteur du lait (voir autre nouvelle).
Agir au plus vite sur la viande porcine. Lors du Conseil, plusieurs pays ont demandé à la Commission d'activer l'aide au stockage privé pour le porc. La Belgique a dit que la situation « catastrophique » du marché de la viande porcine était pire qu'en septembre. L'Autriche a aussi évoqué une situation catastrophique dans ce secteur et a demandé que l'aide au stockage privé soit introduite si possible dès le 1er décembre prochain, et non pas à compter du 1er janvier 2016, comme le prévoit la Commission. Ce pays a aussi demandé une hausse du taux de l'aide au stockage privé pour la viande porcine et une exportation directe après déstockage. La France a aussi réclamé une mise en oeuvre rapide de l'aide au stockage privé. Les Pays-Bas ont aussi demandé l'activation de l'aide au stockage privé, mais estiment que ce n'est pas une réponse suffisante car c'est une mesure à court terme. Il faudrait, selon les Pays-Bas, des mesures structurelles, selon eux.
Pas (encore) assez d'effets sur le lait. La Belgique a estimé que les mesures prises dans le secteur du lait ont produit des changements positifs, mais très faibles. « Il n'y a pas de répercussions sur les agriculteurs », a regretté le ministre belge, Willy Borsus, qui a prôné des mesures structurelles, dont la hausse du prix d'intervention pour la poudre de lait. La Belgique a demandé aussi un suivi plus étroit des marges des producteurs. Le travail de la 'task force' sur la chaîne alimentaire est très décevant, selon la Belgique. La Commission a indiqué que les résultats des travaux de cette task force seraient connus fin 2016. Le ministre autrichien, Andrä Rupprechter, a noté une stabilisation des prix du lait, « mais à un niveau bas ». Les Pays-Bas se sont opposés à une hausse du prix d'intervention dans le secteur du lait. Le Royaume-Uni a noté un petit répit dans la chute des prix dans le secteur du lait et demandé des mesures à plus long terme.
Sucre. La Belgique a noté des prix historiquement bas et demandé l'adoption de mesures.
Toutes les délégations n'étaient pas intervenues sur ce thème des marchés agricoles, à l'heure où nous mettions sous presse. Manquaient notamment l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et la Pologne. Ce débat n'était pas public.
Pas d'avancées sur l'embargo russe sur le porc. La Belgique a demandé, lundi 16 novembre, à la Commission d'expliquer l'évolution des discussions avec Moscou sur l'embargo sanitaire imposé par la Russie sur la viande de porc. Lors du Conseil Agriculture, un certain nombre de pays ont soutenu la Belgique: Danemark, Pays-Bas, Hongrie, Royaume-Uni, France, Espagne, Autriche, Pologne, Irlande, Finlande, Allemagne. Plusieurs produits du porc ne sont pas touchés par l'embargo politique (les porcs vivants, la graisse, le lard et les abats). Leurs exportations pourraient reprendre si un accord était trouvé avec les services vétérinaires russes, ce qui permettrait de désengorger en partie le marché européen. La Commission a précisé avoir envoyé deux lettres aux services vétérinaires russes pour demander de mettre en place des réunions techniques. Le problème est que le principe de la régionalisation, tel qu'il est conçu au niveau européen, n'est pas reconnu par les russes. Si on change ce mode de régionalisation, cela peut entraîner des discriminations entre les pays de l'UE, a expliqué en substance la Commission. (Lionel Changeur)