Antalya, 16/11/2015 (Agence Europe) - Les 20 principales puissances mondiales ont renouvelé, lundi 16 novembre, leur engagement en faveur de politiques macro-économiques favorables à une croissance « robuste et inclusive » afin de concrétiser, d'ici à 2018, une création additionnelle de richesse de 2%.
« Notre priorité première est la mise en oeuvre de façon ponctuelle et efficace de nos stratégies de croissance », ont déclaré les leaders du G20 à l'issue du sommet d'Antalya (Turquie), satisfaits que plus du tiers de ces stratégies aient été concrétisées depuis le sommet de Brisbane de 2014. Le plan d'action d'Antalya comprend des stratégies révisées de croissance et un calendrier pour les mesures à prendre afin notamment de stimuler l'investissement dans les infrastructures et des sources innovantes de financement à destination des PME. Conscient que les inégalités sociales affaiblissent les perspectives de croissance, le G20 se fixe l'objectif de réduire de 15% d'ici à 2025 la part des jeunes risquant l'exclusion des marchés du travail. Il s'engage par ailleurs à affronter « les opportunités et les défis » liés à la mobilité internationale des travailleurs et au vieillissement de la population.
Afin de renforcer la capacité des économies à résister aux futurs chocs financiers, le sommet du G20 a finalisé le coussin TLAC ('total loss-absorbing capacity') que les 30 plus grandes banques systémiques - dont 12 sont établies dans l'UE - seront tenues de détenir à partir de 2019 pour absorber d'éventuelles pertes (EUROPE 11427). Il plaide pour une réglementation accrue du secteur bancaire parallèle ('shadow banking') et voit d'un bon oeil les travaux sur la résolution des chambres centrales de compensation des produits financiers dérivés.
Le G20 a également entériné le plan d'action 'BEPS' de l'OCDE destiné à mieux lutter contre l'optimisation fiscale agressive des multinationales (EUROPE 11407). « C'est probablement le plus grand succès du G20 », a indiqué un haut fonctionnaire européen. L'attention se porte désormais sur le suivi des engagements pris. Comme le voulait l'UE, l'OCDE est chargée d'élaborer, d'ici à début 2016, un cadre pour garantir une application « étendue et cohérente » du plan d'action 'BEPS', « en particulier en matière d'échange d'informations sur les rescrits fiscaux transfrontaliers », et qui implique les pays hors G20 souhaitant s'inscrire dans cette démarche. Plus généralement, le G20 a renouvelé son engagement en faveur d'un échange automatique d'informations fiscales au niveau international au plus tard d'ici à 2018. (Mathieu Bion)