Bruxelles, 16/11/2015 (Agence Europe) - Les représentants de 17 pays et des Nations unies, ainsi que la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, se sont mis d'accord, samedi 14 novembre, sur un calendrier de transition et d'élections en Syrie, lors de leur deuxième réunion à Vienne (EUROPE 11423).
Dans la déclaration commune qu'ils ont adoptée, ils ont souligné leur soutien à « un processus mené par les Syriens qui, dans un objectif de six mois, établisse une gouvernance crédible, inclusive et non sectaire, et fixe un calendrier et un processus pour rédiger une nouvelle constitution ». « Des élections libres et équitables seraient organisées en vertu de la nouvelle constitution sous 18 mois », ont-ils précisé. « Il s'agit d'un calendrier ambitieux », selon Mme Mogherini.
Les délégations ont aussi convenu de la nécessité de convoquer des représentants du gouvernement syrien et de l'opposition dans des négociations formelles sous les auspices des Nations unies, « dès que possible, avec une date butoir (fixée) au 1er janvier ».
Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a précisé, à l'issue de la réunion, qu'il y avait toujours des divergences parmi les participants au sujet de l'avenir du président syrien, Bachar el-Assad. « Le futur d'Assad n'est pas tranché », a dit le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, lundi, devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen.
Soulignant le lien étroit entre un processus politique et un cessez-le-feu, les participants de la conférence ont affirmé leur soutien à la mise en place d'un cessez-le-feu national dès que les représentants du gouvernement syrien et de l'opposition « auront entamé les premiers pas vers la transition sous l'égide des Nations unies ». Un tel cessez-le-feu ne s'appliquerait pas aux actions à l'encontre du groupe Daesh ou de tout autre groupe que les participants acceptent de considérer comme un groupe terroriste, précise la déclaration commune. La France, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine et la Russie se sont engagés à soutenir une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour confier à une mission des Nations unies le contrôle du cessez-le-feu, dans les zones où ses membres ne seraient pas sous la menace d'attaques terroristes et pour soutenir un processus de transition politique.
Les parties ont aussi discuté de la nécessité de prendre des mesures pour assurer un accès humanitaire rapide sur tout le territoire de la Syrie. Lundi, Mme Mogherini a précisé que l'UE était prête à contribuer au niveau humanitaire, soulignant, sans donner de détails, que l'UE avait déjà développé des idées.
La prochaine réunion dans ce format devrait se tenir dans environ un mois.
L'UE jouera son rôle
Mme Mogherini a précisé que l'UE allait « jouer son rôle dans toutes les décisions prises », que ce soit sur les groupes d'opposition, le gouvernement, le contre-terrorisme et l'humanitaire. « Le processus peut vraiment commencer », a-t-elle ajouté. « Il est important que l'Europe et l'UE participent au processus », a ajouté M. Steinmeier, lundi. Les ministres des Affaires étrangères européens se sont entretenus avec l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, lundi à Bruxelles.
Les chefs d'État du G20 ont également discuté de la situation en Syrie (voir autre nouvelle). (Camille-Cerise Gessant)