Antalya, 16/11/2015 (Agence Europe) - Les leaders du G20 ont qualifié « la crise en cours des réfugiés de sujet d'inquiétude mondial ayant des conséquences humanitaires, politiques, sociales et économiques », lundi 16 novembre, dans la déclaration finale qu'ils ont adoptée à Antalya (Turquie).
Les 20 princiaples puissances de la planète prônent une réponse « coordonnée » en vue de trouver des « solutions durables au nombre sans précédent de réfugiés et de personnes déplacées au sein d'un même pays », un phénomène récurrent dans plusieurs points du globe. Ces solutions passent, selon elles, par des efforts accrus en matière d'accueil et de réinstallation ('resettlement'), un renforcement du soutien aux organisations humanitaires (UNHCR, WFP) et financières internationales impliquées dans la gestion du phénomène. À moyen terme, les leaders du G20 estiment qu'il faut aussi affronter « les causes à la racine » de ces mouvements de population afin de favoriser un retour pacifique dans le pays d'origine.
Rappelant que « plus de 750 000 personnes avaient fait une demande d'asile en Europe sur les neuf premiers mois de 2015 », le président du Conseil européen, Donald Tusk, a indiqué que le flux de réfugiés ne montrait « aucun signe de diminution dans un avenir proche ».
Avec son homologue de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, il a évoqué le plan d'action UE/Turquie en gestation visant à contenir le flux de migrants vers l'Europe avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, hôte du sommet du G20 (EUROPE 11404). En échange d'une aide financière (3 milliards d'euros dont 500 millions d'euros du budget de l'UE), les Européens veulent que les Turcs ouvrent leur marché du travail aux réfugiés, interceptent davantage les migrants et appliquent l'accord de réadmission. Ankara demande des avancées dans les négociations d'adhésion à l'UE et en matière de libéralisation des visas pour les ressortissants turcs. Un sommet bilatéral spécial pourrait se tenir dimanche 29 novembre à Bruxelles.
« La Turquie accueille 2,5 millions de réfugiés syriens et 300 000 Irakiens. Nous avons ouvert nos portes sans discussion de croyance », a souligné M. Erdogan, insistant sur la nécessité de ne pas faire l'amalgame entre réfugiés et terroristes potentiels après les attaques terroristes de Paris (voir autre nouvelle). Son homologue américain, Barack Obama, a estimé que la Turquie, le Liban et la Jordanie ne pouvaient être livrés à eux-mêmes dans la gestion des flux de réfugiés syriens. « Nous pouvons et devons faire les deux »: accueillir des réfugiés et garantir la sécurité de nos citoyens, a-t-il considéré, rappelant que les États-Unis avaient jusqu'à présent fourni 4,5 milliards de dollars d'aide humanitaire en réponse à la crise syrienne.
La veille, afin de caractériser le caractère global du défi migratoire, M. Juncker avait indiqué qu'une personne sur 122 dans le monde était un réfugié, une personne déplacée ou un demandeur d'asile. « Une sur 122. Si ces personnes étaient une nation, ce serait le 24ème plus grand pays dans le monde par sa population », a-t-il constaté. (Mathieu Bion)