Bruxelles, 16/11/2015 (Agence Europe) - Alors que le PNR ('Passenger Name Record'), le projet de fichier européen des voyageurs aériens afin de lutter contre le terrorisme et la grande criminalité, est remis sur la table par le gouvernement français à la suite des attentats de Paris du 13 novembre, les compagnies aériennes s'inquiètent du coût que représenterait la création d'un tel fichier.
Bien que reconnaissant la nécessité de constituer un système de référencement européen, l'Association des compagnies aériennes (AEA) indique à EUROPE que « la transmission des données des systèmes aériens vers les États membres aura un impact significatif sur les compagnies aériennes » déjà en proie à des difficultés face à la concurrence internationale (voir autre nouvelle).
Les compagnies aériennes prônent ainsi que la transmission de données sur les vols intérieurs se fasse seulement sur la base des évaluations de risques encourus ('risk-based security'), et non systématiquement. En outre, elles demandent que le surcoût engendré par cette collecte soit pris en charge par les États membres. « Nous parlons de millions d'euros », indique Viktoria Vajnai, responsable du dossier à l'AEA, qui rappelle que ces données sont, à l'origine, à visée commerciale. Aux yeux de l'AEA, il est obligatoire que le PNR respecte les principes énoncés par la directive sur la protection des données.
L'Association demande que la collecte de données se fasse au niveau européen afin d'éviter « un patchwork de systèmes nationaux » et, dans ce cadre, salue le vote du Parlement européen en juillet dernier sur la directive PNR (EUROPE 11355) et demande que, dans les négociations en trilogue (EUROPE 11407), l'on veille à ce que la collecte de données respecte le principe de proportionnalité.
« Nous regrettons que la question du PNR ne soit pas intégrée dans le paquet 'aviation', étant donné que c'est la DG HOME, et non DG MOVE, qui a la main sur le dossier, alors que le PNR implique de lourdes conséquences pour les compagnies aériennes », déplore Mme Vajnai. (Pascal Hansens)