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Bulletin Quotidien Europe N° 11119
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) maroc

Fort potentiel d'exportation de tomates vers l'Europe

Bruxelles, 10/07/2014 (Agence Europe) - Le Maroc fait valoir, dans un contexte de crise dans ses relations avec l'UE, son potentiel de vente de produits agricoles, en particulier de tomates, aussi bien en Europe que sur les marchés tiers. Sa crainte est de devoir faire face à la multiplication d'obstacles, souligne un rapport élaboré par un organisme public marocain - la Direction des études et des prévisions financières - rendu public fin juin. « La filière des tomates marocaines bénéficie d'avantages comparatifs indéniables », souligne le rapport, tablant sur « la proximité géographique en particulier » avec l'Europe. La crainte se trouverait en partie justifiée par la prise de mesures réglementaires ou phytosanitaires européennes ou sur d'autres marchés. En atteste la crise actuelle née d'une décision de la Commission et du Parlement européens, en avril dernier, de modifier le régime d'accès des fruits et légumes affectant en particulier ses ventes de tomates.

Le compromis intervenu en juin (EUROPE 11105) ne satisfait pas pleinement les associations agricoles marocaines. Elles ont annoncé leur intention de porter plainte devant la Cour de justice européenne. Pour les associations espagnoles, la Commission cède trop aux demandes marocaines dont les exportations sont en croissance, estiment-elles.

Le rapport, dans son « analyse de la performance » des exportations marocaines des tomates, montre une « amélioration de la part détenue par le Maroc sur le marché mondial entre 2002 et 2012, passant de 2,7% à 6,8% », soit la 4ème position en 2012. 76,2% des importations européennes (extracommunautaires) proviennent de ce pays. La France est en tête des clients UE (79%), affirme le rapport. Mais ces ventes européennes restent peu diversifiées: 16,2% seulement des besoins allemands (un marché fortement demandeur) en tomates proviennent du Maroc. Le Royaume-Uni et l'Espagne représentent respectivement 4,3% et 3,5% des achats de tomates marocaines en Europe. La diversification au niveau mondial est tout aussi faible. Le marché américain serait négligeable du fait qu'il « impose des contraintes phytosanitaires drastiques sur la tomate ». En l'état, selon le rapport, « la forte spécialisation du Maroc dans la production des tomates lui permet de disposer de l'avantage comparatif le plus élevé par rapport aux pays concurrents ». Toutefois, sa compétitivité à l'exportation « reste entravée principalement par les quotas mensuels qui limitent les volumes sur l'Europe et les prix d'entrée imposés sur la période octobre-mai ». S'ajoute à cela une « protection tarifaire prohibitive, entre les mois de juin et août », qui rend les tomates marocaines « moins compétitives ».

Le « risque de peser sur les perspectives de développement des exportations de tomates marocaines sur le marché de l'UE (…) réside dans le nouveau dispositif adopté récemment par la Commission européenne apportant un changement des conditions d'accès des fruits et légumes à ce marché ». Le Maroc pourrait voir se « réduire les volumes » de ses ventes sur le marché communautaire. « Cette situation exige le renforcement des efforts pour défendre les acquis du Maroc en termes d'accès au marché de l'UE qui ont été préservés dans le cadre du nouvel accord agricole Maroc-UE » en vigueur.

Le Maroc entend ainsi défendre bec et ongles son secteur agricole. Des plans de modernisation sont lancés. « De par leur contribution à la sécurité alimentaire du pays, à la croissance, à l'emploi et aux échanges extérieurs, l'agriculture et l'industrie agroalimentaire constituent des secteurs clés pour l'économie marocaine ».

En 2013, rappelle le rapport, « l'agriculture et l'industrie alimentaire ont représenté respectivement 15,5% et 5,3% du PIB nominal. De même et bien qu'en deçà de leur potentiel, ces secteurs contribuent également à l'amélioration de nos échanges extérieurs ». « Les performances des exportations agroalimentaires affichées au cours de ces dernières années témoignent du fort potentiel de développement qui gagnerait à être mieux valorisé à travers une meilleure exploitation des avantages comparatifs indéniables dont bénéficie ce secteur». (FB)

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