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Bulletin Quotidien Europe N° 11119
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

35% d'efficacité énergétique, c'est un minimum, selon Peter Liese

Bruxelles, 10/07/2014 (Agence Europe) - L'Union européenne a tout à gagner à se fixer un objectif d'efficacité énergétique ambitieux et contraignant pour 2030 d'au moins 35%, car c'est bon pour le climat et pour l'indépendance énergétique à l'égard de la Russie avec le meilleur rapport coût/efficacité, a martelé jeudi 10 juillet l'eurodéputé Peter Liese (PPE, allemand).

Tout juste réélu porte-parole et coordonnateur du PPE au sein de la commission de l'environnement du Parlement, il s'exprimait devant quelques journalistes à Bruxelles pour expliquer l'enjeu du maillon manquant - l'efficacité énergétique - dans le projet de cadre d'action pour le climat et l'énergie à l'horizon 2030 (une réduction de 40% des émissions comme objectif contraignant et 27% de renouvelables comme objectif européen, la création d'une réserve de stabilité pour l'ETS). Son plaidoyer s'adressait aussi à la Commission européenne dont les propositions de révision de la directive 'efficacité énergétique' et de nouvelle stratégie en la matière pour 2020-2030 sont attendues concomitamment le 23 juillet, lors de la dernière réunion du collège sortant.

« L'efficacité énergétique, c'est le moyen le moins onéreux de réduire tant les émissions de gaz à effet de serre que la dépendance énergétique, car un euro investi dans les économies d'énergie est beaucoup plus rentable qu'un euro investi dans le développement des énergies renouvelables, la construction de nouvelles centrales nucléaires et la technologie du CSC (captage et stockage du carbone) », a déclaré Peter Liese, en rappelant que c'est le secteur du bâtiment qui offre le plus grand potentiel d'économies d'énergie.

Si l'on pense que l'UE dépense plus d'1 milliard d'euros par jour pour ses importations de gaz et de pétrole, principalement de Russie, et que « l'une des raisons de la crise économique, c'est qu'on dépense énormément pour les importations de combustibles fossiles », le bénéfice de l'efficacité énergétique pour l'économie et l'indépendance énergétique saute aux yeux.

En outre, s'agissant de la conférence climatique décisive de Paris (COP 21) en décembre 2015, « tous disent qu'il est réaliste de croire qu'un accord mondial peut être conclu, pas parfait, mais avec tout le monde à bord », fait observer Peter Liese, confiant depuis que les États-Unis ont présenté un plan ambitieux de réduction des émissions des centrales électriques (-17% à l'horizon 2030 par rapport à 2005) et que la Chine a, pour la première fois, introduit un système d'échange de quotas d'émission. Il convient donc que l'UE fasse une offre de stratégie climatique ambitieuse et crédible pour contribuer à cet accord.

« Dans deux semaines, la Commission fera sa proposition [pour l'efficacité énergétique]. On rapporte qu'elle s'orienterait vers un objectif non contraignant de 25% à 27%. Mais le débat se poursuit. Il y a des États membres et des commissaires qui poussent pour un objectif plus ambitieux. Il faut un objectif plus ambitieux. Si l'objectif européen proposé pour les renouvelables est de 27%, ce doit être beaucoup plus pour l'efficacité énergétique», a déclaré Peter Liese. Cela, d'autant que, dans sa propre évaluation d'impact, la Commission affirme que trois objectifs contraignants c'est beaucoup mieux pour la croissance et l'emploi qu'un seul objectif contraignant de réduction des émissions de CO2. Dans cette évaluation d'impact, « elle souligne qu'un objectif de 35% doublerait les bénéfices en termes de sécurité énergétique, en termes d'emploi et en termes de croissance. 30% c'est un point de départ absolu », a renchéri Gary Lennon, représentant de European Alliance of Safe Energy.

Le Parlement précédent avait demandé un objectif contraignant de 40% pour l'UE avec un partage de l'effort pour les 28. « Cet objectif se basait sur une analyse très détaillée. C'est réaliste. Je ne comprends pas pourquoi la Commission ne respecte pas sa propre évaluation d'impact. Ce n'est pas le commissaire Oettinger et ce n'est pas Connie Hedegaard qui s'opposent à cet objectif. C'est M. Barroso et Catherine Day qui sont contre », a affirmé M. Liese. Rappelons que sept États membres (Allemagne, Belgique, Danemark, Grèce, Irlande Luxembourg et Portugal) ont écrit en juin à la Commission européenne pour lui demander de proposer un objectif ambitieux et contraignant (EUROPE 11108). (AN)

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