Bruxelles, 10/07/2014 (Agence Europe) - La Commission a frappé fort cette fois pour remédier aux retards dans l'établissement des neufs blocs d'espace aérien fonctionnels (FAB), essentiels à la réalisation du Ciel unique européen. Elle a adressé des lettres de mise en demeure à une vingtaine d'États membres, jeudi 10 juillet, leur intimant de renoncer à leur frontière étatique dans le trafic aérien et de bien mettre en oeuvre ce à quoi ils se sont engagés (et qui aurait dû être mis en oeuvre déjà en décembre 2012).
Italie, Grèce, Chypre, Malte (BLUEMED), Autriche, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Croatie, Hongrie (FABCE), Bulgarie, Roumanie (DANUBE FAB), Lituanie, Pologne (BALTIC FAB), Portugal, Espagne (SW FAB), Irlande et Royaume-Uni (UK/FAB) sont cette fois dans le collimateur de la Commission (après une première salve de mises en demeure, en avril, à l'égard des pays du FABEC).
Ces pays ont, certes, mis des procédures en route pour constituer ces FAB, mais à des degrés divers et sans que les blocs ne soient encore véritablement constitués. « Pour l'instant, ces espaces aériens communs n'existent que sur le papier et, bien qu'officiellement créés, ils ne sont pas encore opérationnels », regrette le commissaire européen aux Transports, Siim Kallas, insistant sur le fait qu'il faut « remédier au problème des frontières nationales dans l'espace aérien européen. Les FAB sont une composante nécessaire et essentielle du Ciel unique européen ».
Dans la lettre de mise en demeure, il demande à ces 18 États membres de faire preuve de « plus d'ambition » et d'optimiser la mise en oeuvre des FAB et des services de navigation aérienne. Ces États membres auront désormais deux mois pour donner des explications valables à la Commission justifiant leur retard, ou détaillant les actions qu'ils comptent entreprendre. Sur la base des réponses, la Commission jugera si un avis motivé, l'étape suivante dans la procédure d'infraction, doit leur être adressé ou non. Actuellement, seul le FAB réunissant la Suède et le Danemark répond aux exigences de la Commission européenne.
Les retards dans la mise en place des FAB occasionnent des pertes de temps, d'argent et un surplus d'émissions de CO2, alors que les avions continuent de zigzaguer entre les différents espaces aériens nationaux. (MD)